DÉRIVATION OPTIMUM
On peut enfin se proposer de rechercher, si l’on désire réaliser une dérivation unique, quelle serait celle permettant d’obtenir le maximum d’énergie ; car, si les dérivations faites le plus en amont peuvent réserver une plus grande dénivellation, celles faites le plus en aval ont l’avantage d’utiliser un plus grand débit. Il existe ainsi, dans chaque bassin, une dérivation optimum : elle correspond au maximum de surface du rectangle inscrit dans le diagramme hydrodynamique.
Faisons correspondre à chaque point de ce diagramme, une ordonnée égale à l’aire d'un rectangle inscrit, qui s’appuie sur l’axe des abscisses et
sur l’ordonnée extrême du graphique ; la courbe obtenue figure, en chaque point, l’énergie théorique susceptible d’être fournie par une dérivation
de la rivière, entre le point considéré et l'Amouk. Cette courbe (fig. 108) fait ressortir qu’une dérivation optimum de l’Afrine serait réalisée en
Deriveton Optimum de/Oronte
1 Variation de la Puissance theorique \
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Puissance Disponible en Milliers de CV
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FiG. 109. — Dérivation optimum de l'Oronte.
aval du confluent du Saboun ou de celui du Yénigé Sou, et qu’elle fournirait une énergie théorique de 20.000 C. V. environ.
Sur l’Oronte (fig. 109) la dérivation optimum serait en aval du Ghab ; et son énergie théorique serait de l’ordre de 10.000 C. V.
Les considérations qui précèdent ne permettent pas, à elles seules, de déterminer le moyen le plus économique de capter le maximum d'énergie, dans le bassin de l'Afrine ; la nécessité de régulariser les débits naturels, les conditions topographiques ou géologiques relatives à la création de
barrages de retenue ou au tracé des canaux de dérivation, font que le problème de la recherche des emplacements propices à un aménagement hydroélectrique reste soumis à bien d’autres considérations techniques. L’avantage du diagramme hydrodynamique est de diriger les premières recherches vers les solutions qui présentent les meilleures qualités théoriques ; et lorsqu'une étude approfondie aura conduit à modifier le premier schéma envisagé, l'emploi du diagramme laisse la certitude qu'aucune tranche d'énergie naturelle, susceptible d’être captée avantageusement, n’a été ignorée.
Nous ne pousserons pas d’ailleurs plus loin cette analyse, car l’évolution économique de la Syrie commande, au premier abord, l’utilisation de ses ressources hydrauliques aux améliorations de l’agriculture : l’exploitation de l’énergie des cours d’eau doit actuellement s’effacer devant l'irrigation de la terre, dont la mise en valeur reste à la base de la richesse et de la productivité du pays. Aussi, paraît-il judicieux, dans l'utilisation des débits de l’Afrine, de chercher à en réserver le maximum possible, aux besoins croissants d’une agriculture extensive, et, c’est dans la mesure où il n’en résulterait aucun préjudice pour elle, que les débits disponibles pourront être affectés, si le besoin s’en fait sentir, à la production de l'énergie.