VARIATION DES DÉBITS LE LONG DE L'AFRINE
La comparaison des volumes écoulés par l’Afrine à Midanki et à Bassout révèle un accroissement régulier des débits absolus, d’amont en aval, avec l’accroissement du bassin versant ; tandis que les débits relatifs, exprimés en 1/s. par km?, diminuent légèrement : ce fait est assez normal, puisqu’en général l'alimentation d’un cours d’eau diminue, toutes choses égales d’ailleurs, avec l'altitude moyenne de son bassin (plus faible pluviosité). Cependant, durant l’année 1931-32, le module relatif enregistré à Bassout paraît supérieur à celui de Midanki (0,86 contre 0,73 1/s. par km?) ; cette anomalie pourrait s'expliquer par une distribution particulière des pluies, les précipitations reçues par le bassin du Yénigé Sou, cette année-là, pouvant être supérieures à celles tombées en amont de Midanki ; mais nous ne disposons d'aucun renseignement à ce sujet. Elle pourrait aussi résulter du jeu des réserves souterraines dans l’alimentation de l’Afrine.
Le bilan de ces réserves que nous étudierons plus loin (ch. III, in fine) accuse un certain écart entre leurs fluctuations et celles de la pluie : les eaux souterraines cheminent lentement, et leur état au cours d’une année peut dépendre de leurs conditions d'alimentation durant la période antérieure. Or, les débits de Bassout sont beaucoup plus influencés par les eaux souterraines que ceux de Midanki ; et c’est pourquoi, leur supériorité relative en 1931-32 peut être attribuée à une meilleure contribution des réserves du sous-sol, et, éventuellement, à une distribution particulière des pluies.
La comparaison des débits moyens mensuels dè l’Afrine fait apparaître pendant l’étiage 1933 une autre anomalie. Durant les mois de juin, juillet et août, les débits à Bassout ont été inférieurs à ceux de Midanki, en sorte que sur une trentaine de kilomètres, l’Afrine, au lieu de gagner en débit, s’est appauvri en descendant vers l’aval 1, Il] n’y a cependant aucune perte entre les deux points ; bien au contraire, le long de ce parcours, l’Afrine s'enrichit des apports du Yénigé Sou, et des sources de Katma, d’Aïndâr et de Bassout. D'ailleurs, si perte il y avait, son influence se manifesterait dans toutes les années indistinctement.
La diminution enregistrée doit être attribuée à l’évaporation et aux infiltrations, ainsi qu'aux prélèvements effectués par les riverains, pour leurs irrigations, pendant une année particulièrement sèche ; il en est résulté
1. En juin 1933, Midanki : 0,430 m/s, Bassout : 0,393 ; perte : 0,037. En juillet, —— 0,345, — 0,285 ; — 0,060.
En août, = 0,349, —- 0,226 ; — 0,123.