CARTE DES DEUX CAPS
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V Afrique Australe. chapitre
astronomes français y érigèrent un poste temporaire pour l'observation des étoiles; en 1751, La Caille y fit ses mémorables recherches pour la mesure d'un degré du méridien et la fixation de la parallaxe lunaire; lors de la deuxième expédition de Cook, les astronomes anglais reprirent ces études; Maclear, Herschell ont dressé à l'observatoire du Cap le catalogue des étoiles du ciel antarctique, et maintenant on s'occupe de poursuivre la triangulation du littoral sur les plateaux du Karroo et par delà l'Orange, dans les pays des Be-Chuana jusqu'au Zambeze. Le projet de l'astronome Gill est d'arriver ainsi graduellement à la mesure du méridien d'Afrique, des bords de l'Océan méridional au port d'Alexandrie. L'observatoire actuel est situé à 5 kilomètres à l'est de la ville, à Mowbray.
Le Cap se complète par de nombreux villages de plaisance épars dans les vallées environnantes. Les négociants, les fonctionnaires riches demeurent à la campagne et ne viennent en ville que pour leurs affaires. En été, presque toute la population blanche, suivie de fournisseurs et de serviteurs, se porte vers les bains de mer et les pentes ombragées; les chemins de fer de banlieue ont un mouvement comparable à celui des grandes cités européennes. Au nord de la ville, le bourg de Sea-Point aligne ses villas sur une plage ébranlée par les vagues de l'Atlantique; à l'est, un collier de villages entoure le Pic du Diable et continue la ville, sur une trentaine de kilomètres, jusqu'aux bains de mer de Kalkbay. Un des groupes d'habitations les plus charmants, dans la gracieuse vallée qui réunit les deux baies et que dominent à l'ouest les superbes murailles de la montagne de la Table, Wijnberg (Winberg) se cache à demi sous la verdure des chênes et des pins. Non loin de là, vers le sud, le manoir de Constance donne son nom au cru le plus fameux de l'Afrique. Au sud, on aperçoit, vaste d'au moins 60 000 hectares, le golfe de False Bay, qui est d'une grande régularité de formes; une de ses criques occidentales, Simon's Bay, reflète dans ses eaux la ville de Simon's Town, poste naval de magasins et d'arsenaux fortifiés que le gouvernement anglais a conservé sur les côtes du territoire colonial. Simon's Town occupe un des sites les plus beaux de l'Afrique australe, sur le promontoire en faucille qui porte à son extrémité le phare du Cap de Bonne-Espérance.
Quelques villes appartenant à la grande banlieue du Cap sont éparses dans les vallons, sur le versant atlantique des monts qui bornent à l'est la baie de la Table. Stellenbosch, réunie à Cape Town par une voie ferrée, est, après la capitale, la plus ancienne ville de la colonie (1G84), et aussi l'une des plus hollandaises. Les écoles sont nombreuses dans cette « Athènes »
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de l'Afrique australe. C'est aux alentours, notamment dans l'amphithéâtre de montagnes du Fransche Hoek ou « Quartier Français î, que s'établirent la plupart des réfugiés huguenots arrivés à la fin du xyii^ siècle. Paarl, village de 12 kilomètres en longueur, qui borde la route à la base des monts Drakensteen (Pierre du Dragon), date aussi des premiers temps de la colonisation, et les jardins, les orangeries, les bosquets qui entourent cette « Perle d, — ainsi nommée dun bloc de granit dressé sur un rocher comme une perle sur un diadème — en font un charmant lieu de villégiature. Le pays environnant est le district viticole le plus considérable de la région du Cap. Plus au nord, c'est le bourg bien ombragé de Wellington, au delà duquel le chemin de fer qui pénètre dans l'intérieur décrit une grande courbe et gagne par une dépression des montagnes le versant de l'Océan méridional, dans le val de la Breede. Paarl et Wellington se trouvent dans le haut bassin du Great Berg, qui, après avoir reçu les affluents du district fertile, demeuré si foncièrement hollandais, de Tulbagh et des < Vingt- Quatre Rivières », va se déverser dans l'Atlantique à la baie de Saint-Helena. Au sud du promontoire qui limite l'hémicycle régulier de ce golfe presque toujours houleux, s'ouvre la baie ou plutôt le lac de Saldanha, ainsi désigné d'après un amiral portugais dont le nom s'appliqua jadis à la baie de la Table. C'est près de là que Vasco de Gama fut blessé en 1497 par les Hottentots, et que Francisco d'Almeida fut massacré en 1308 avec ses compagnons. L'entrée en est facile, ses eaux sont profondes et plusieurs bassins abrités par des levées de granit, môles naturels, offrent aux navires un excellent mouillage. Cet admirable havre, dont les Hollandais avaient fait le lieu de rendez-vous pour leurs vaisseaux de guerre et le centre des communications postales entre les Provinces-Unies et les Indes Orientales, est à peine utilisé; quelques fermes seulement, des stations de pèche se montrent sur ses bords. 11 ne s'y trouve pas même de village; le bourg le moins éloigné, Malmesbury, est à plus de 50 kilomètres au sud-est dans l'intérieur des terres, au milieu de vastes champs de blé. L'attraction exercée par Cape Town a détourné tout commerce de la baie de Saldanha. Au nord de la vallée du Great Ber^g, le campagnes, arides dans la plus grande partie de leur étendue, sont très faiblement peuplées; les chefs-lieux de district, Piquetberg, Clanwilliam, la « fournaise », mais aussi le « grenier à blé » du Cap, et Calvinia, ne sont que des villages où viennent s'approvisionner les pâtres des alentours. Calvinia, située à 1 000 mètres d'altitude, dans une haute vallée des montagnes, entre le Roggeveld et les Hantam, se rattache encore par une grande route aux
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régions civilisées du Cap ; mais au delà, vers le nord, s'étendent les solitudes du Bushmen-Land, où gîtent en effet quelques San, au bord des lagunes. Le district des Petits Nama-Koua, occupant l'extrémité nord-occidentale du territoire de la colonie, entre l'Atlantique et le cours inférieur de l'Orange, serait également abandonné aux populations aborigènes, si la région montagneuse n'était d'une grande richesse en gisements de cuivre. Dans le voisinage du principal sommet, le Vogel-Klip ou « roc des Oiseaux » (1 324 mètres), une compagnie anglaise, qui possède un territoire de 54 000 hectares, fait exploiter depuis 1863 les mines « inépuisables » d'Ookiep, bourg à 960 mètres au-dessus des mers. Port-Nolloth, havre de l'Atlantique où une voie ferrée emporte les minerais d'Ookiep, était fréquentée jadis par les baleiniers américains.
Les montagnes d'Ookiep commandent à l'ouest la plaine des Bushmen qui s'allonge, infinie en apparence, vers l'est, à la rencontre du Karroo, jusqu'au delà de la rivière Hartebeest, tributaire gauche de l'Orange. Cette rivière, presque toujours sans une goutte d'eau, s'enfle et déborde dans la saison des pluies. Alors, c'est un Nil au limon vivifiant où, dès la crue passée, on sème du blé, et ce froment croît si vite, à deux mètres de haut, qu'on a le temps de faire deux moissons, même quelquefois trois. « Tant, dit Noble, tant est grande l'activité, la fertilité de ce sol vierge; la production s'élève ainsi à 50 fois la semence, voire à 70 fois ». C'est la raison de la présence de hameaux, de villages boers dans ce pays tantôt plantureux, tantôt désespérément steppe ou désert.
A l'orient du Cap et de la False Bay, la partie du territoire qui s'avance au sud des montagnes vers le cap des Aiguilles, pointe méridionale du continent, est une région de pâturages où ne se trouvent que deux bourgs sans importance, Bredesdorp et Caledon, ce dernier ayant quelque espoir d'accroissement en ville à cause de sources carbonatées ferrugineuses, thermales, (43°, 3) déjà fréquentées. Mais le bassin de la Breede, dont les affluents supérieurs naissent au nord des montagnes côtières, est plus peuplé, grâce à la plus grande abondance des pluies qui l'arrosent. Le chef-lieu de la haute vallée, Worcester, est situé sur la voie maîtresse de communication, le chemin de fer qui réunira bientôt le Cap au Zambeze, et c'est là que commence la rampe pour l'ascension du plateau. Pénétrant dans une vallée latérale que parcourt la rivière Hex ou « des Sorcières », et dont les défilés, croit-on, vidèrent jadis le lac sous lequel se déposa le Karroo, la voie s'élève par une série de courbes jusqu'à l'arête des terrasses qui dominent à une hauteur de 600 mètres les campagnes de Worcester. Le point le
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plus élevé de la ligne, à 124 kilomètres au nord-ouest de Worcester, est à 1 094 mètres d'altitude. Une abondante fontaine d'eau thermale jaillit dans le voisinage de cette ville; les colons la vantent comme une merveille de la nature. Très curieuse en effet, son nom hollandais de Brandvlei ou « Lac de Feu » indique d'avance qu'elle est fortement thermale (62°, 8), elle a 270 mètres de long sur 10 de large. En aval de Worcester, la rivière Breede parcourt les campagnes de Robertson, bourg qui a dans son voisinage (à quelque distance cependant) les eaux minérales de Montagu, auxquelles commencent d'accourir buveurs et baigneurs. Plus bas, sur le même fleuve, on rencontre Swellendam, l'une des anciennes villes de la colonie, puisqu'elle était déjà fondée au milieu du xviii^ siècle. Des avenues de chênes rayonnent autour de la ville vers les kloofs ou ravins sauvages qui pénètrent dans le cœur de la montagne. Le village de Port-Beaufort, situé sur la rive gauche de la rivière, en amont de la barre, reçoit quelques petites embarcations : des havres ouverts officiellement au commerce extérieur de la colonie du Cap, Port-Beaufort est le moins utilisé de tous.
Le vaste bassin du Gaurits, qui succède, à l'est, à celui de la Breede-rivier, renferme plusieurs des villes secondaires de la colonie. Beaufort-West, la capitale commerciale du Grand Karroo, en même temps que la principale station de chemin de fer entre le Cap et le fleuve Orange, a son site à 893 mètres d'altitude. Elle arrête les eaux qui descendent du versant méridional des Xieuwveld par un barrage de moins de 250 mètres de longueur, de 5 mètres seulement d'épaisseur et de 3 mètres de hauteur. Une si faible digue ne résisterait pas à une énorme masse d'eau, à un vrai lac, comme tels ou tels des réservoirs d'irrigation de France, d'Algérie, d'Espagne, des États-Unis. C'est qu'aussi la réserve est médiocre, sur un sol sans pente; pourtant, elle suffît à transformer un coin du pays, elle arrose les jai'dins, elle entretient des palmiers, des eucalyptus et une petite forêt qui envoie des piliers de mines à Johannesburg; si bien que l'hectare irrigué se loue ici jusqu'à 600, 700 francs. De Beaufort-West à Prince -Albert, bourg au pied septentrional des Zwartebergen, c'est le plus sec du Grand Karroo, avec une pluie toute saharienne, qui ne dépasse pas 10 centimètres par an, d'après Rehbock.
Au sud de ce haut rempart des « Montagnes Noires », sur un des affluents du fleuve, sont les deux bourgs de Ladysmith et d'Oudtshoorn. Ce dernier est fameux par ses tabacs, qui croissent dans les meilleures terres de la colonie, encore fécondes malgré cent années de culture ininterrompue, grâce à la puissance
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souveraine des arrosements. Encore que la chute annuelle des pluies ne soit cjue de 235 millimètres dans la région d'Oudtshoorn, on a transforme la vallée en un jardin de haute production oîi des eaux retenues par dix-huit levées le long de la rivière Grobelaars vivifient 1 COO hectares. Ce sera bien autre chose plus tard, quand 7 200 hectares de plus seront abreuvés par les 78 millions de mètres cubes qu'on se propose d'arrêter dans trois grands barrages-réservoirs. Au nord d'Oudtshoorn, dans une haute vallée latérale, s'ouvrent les grottes de Cango, galeries à stalactites non encore explorées en entier; on y a pénétré jusqu'à près de 2 kilomètres, et reconnu 10 kilomètres de couloirs, de superbes stalactites; cette caverne n'est pas « la première venue ».
Pas de villes ou seulement de gros bourgs sur le cours inférieur du Gaurits, et point de place pour eux dans ses cluses. Riversdale, au milieu des riches pâturages du Grasveld, est à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest du fleuve, dans un vallon dont les eaux s'écoulent directement vers la mer. Aliwal-South, le port maritime de la région, est bâtie sur le rivage occidental de la Mossel Bay, à la racine de la péninsule rocheuse du cap Saint-Biaise, qui l'abrite des vents du sud. Le mouvement des échanges est assez actif dans le port de cette ville, le quatrième de la colonie par ordre d'importance, après le Cap, Port-Elisabeth, East-London. En 1886, la valeur des échanges n'y atteignait même pas 3 900 000 francs ; elle a presque atteint 11 millions en 1898. Dans la zone riveraine se succèdent plusieurs bourgades, au pied de montagnes que Trollope com pare aux Pyrénées occidentales et où se trouvent, d'après lui, les plus beaux sites de l'Afrique australe. La gracieuse George se niche dans la verdure; Melville se reflète dans les flots aurifères de la Knysna, issue des Outeniqua tout verts de forêts, et qui s'achève par un estuaire profond où peuvent entrer les grands navires; Humansdorp est entourée d'un amphithéâtre de monts également boisés. Dans les vallées intérieures des montagnes côtières, Uniondale et Willowmore sont les deux chefs-lieux de district. Plus au nord, dans la zone aride du Karroo, mais sur le versant de l'océan du Sud, les deux centres administratifs sont ceux d'Aberdeen et de Murraysburg.
Le bassin de la rivière Sunday, quoique l'un des moins vastes de la colonie, est un des mieux cultivés et des plus riches, grâce à sa situation dans la zone relativement humide, qui regarde vers l'océan des Indes, et aux voies de communication qui le traversent, d'un côté vers le fleuve Orange et les républiques hollandaises, de l'autre vers le pays des Cafres. Graaf-Reinet, ville hollandaise de plus d'un siècle d'existence,
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étend le damier de ses constructions basses au bord de la rivière naissante, qui se divise en canaux dans les avenues et les jardins. Le contraste de sa vallée avec les arides plateaux de l'ouest lui a valu le titre de « Joyau du Désert ». Ainsi que leurs noms l'indiquent, Jansenville et Uitenhage, qui se succèdent au sud sur la route de Port-Elisabeth, ont été fondées par les Hollandais; mais Uitenhage a pris la physionomie d'une ville anglaise, depuis qu'en 1820, elle reçut un grand nombre de colons britanniques. Actuellement elle est fort appréciée comme lieu de résidence par les négociants retirés des affaires, et aux jours de fête elle est visitée par des multitudes de pros meneurs qui viennent se reposer sous ses ombrages, au bord des eaux courantes. Cependant Uitenhage est aussi une ville d'industrie, avec de nombreuses petites usines éparses dans les vallons des alentours, où des ouvriers noirs, presque tous Cafres, lavent à la machine les toisons importées par millions des pâturages orientaux de la colonie.
Port-Elisabeth, situé à 32 kilomètres au sud-est d'Uitenhage, sur la rive occidentale de la baie d'Algoa, date de 1820 seulement: c'est la ville anglaise par excellence de la colonie du Cap, et à la moindre occasion elle étale bruyamment son « loyalisme ». Couvrant de ses maisons une longue colline à pente douce, elle développe sa rue maîtresse sur 4 kilomètres, parallèlement à la plage, devant la rade, qui ne vaut pas celle de la baie de la Table. Les faubourgs grandissants de cette cité de 25 000 à 30 000 âmes font peu à peu « tache d'huile » le long des routes de l'intérieur; en dehors de la haute ville, sur un plateau nu, se groupent les tentes de la « location », cité des indigènes habitée surtout par des Cafres, immigrants temporaires qui viennent gagner leur vie aux travaux du port. Naguère mourante de soif, Port-Elisabeth n'avait que de pauvres jardins autour de ses villas; mais, grâce à un aqueduc d'une cinquantaine de kilomètres qui lui amène des eaux de source, une riche verdure embellit le plateau, le jardin botanique est devenu splendide, et des parcs touffus contrastent par l'éclat de leur feuillage avec les tristes pâtis d'herbes maigres et rares qui entourent la ville.
Le commerce de Port-Elisabeth a beaucoup souffert dans le temps, à la suite de spéculations forcenées; il consiste surtout dans l'exportation des laines et des plumes d'autruche, que payent, à l'importation, les objets manufacturés de l'Angleterre. La rade d'Algoa Bay est protégée dans le voisinage de la ville par le cap qui porte encore le nom portugais de Recife. Mais pendant les mois de l'été austral, d'octobre à avril, alors que soufflent les vents du sud et du nord-est, la houle se brise
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avec violence sur les plages, et les matelots ont à veiller avec grand soin à la sécurité de leurs navires; seules les embarcations d'un faible tonnage peuvent s'abriter derrière un briselames de 300 mètres de longueur. Quelques îles et des récifs sont épars dans la baie. L'un d'eux, Sainte-Croix (Santa Cruz), autour duquel tourbillonnent les oiseaux, fut visité par Bartholomeu Diaz, lors de son mémorable voyage de découverte au sud de l'Afrique; sur cette terre, la première qu'un pied européen foulait au bord de l'océan Austral, il dressa le pilier de Sâo-Gregorio pour indiquer sa prise de possession. Deux sources qui jaillissent sur cet îlot lui ont valu son autre nom de Fountain-Rock.
Malgré les désavantages de sa rade, Port-Elisabeth reçoit beaucoup de vapeurs (très peu de voiliers) et même un service de paquebots l'unit à l'Angleterre sans passer par le Cap. En 1898, l'ensemble de ses échanges, inférieur à celui de 1897 et de 1896, a été de 208 745 000 francs, dont 156 161000 à l'importation, 52 584 000 à l'exportation : presque trois fois les 76 695 225 francs de son commerce total en 1886.
Port-Elisabeth communique avec l'intérieur par deux chemins de fer, celui de Graaf-Reinet et une voie plus importante qui se bifurque ensuite, d'un côté vers les pays d'outre-Orange, de l'autre vers Graham's Town et la Cafrerie. Graham's Town, moins grande, moins commerçante que Port-Elisabeth, lui est supérieure en rang; c'est la capitale de l'Est, la résidence des principales autorités administratives, judiciaires et religieuses des districts orientaux. Aussi, en 1878, quand les fédéralistes cherchaient à consolider la puissance de la mère patrie en unissant les provinces anglaises et les républiques hollandaises en un seul Etat, Graham's Town fut indiquée comme le chef-lieu politique des colonies fédérées. Cette ville ambitieuse n'a pas l'avantage d'être assise au bord de la mer et même il n'y coule qu'un faible ruisseau; elle est située à 527 mètres d'altitude, dans un cirque entouré de coteaux nus, mais on a pris soin de planter des arbres dans toutes les avenues de la cité. Elle est propre et gracieuse, bien bâtie, et parmi les villes de la colonie, presque toutes remarquables par leur salubrité, elle se distingue par une salubrité plus grande encore, grâce à la modération des chaleurs estivales et au faible écart des températures d'hiver : nombre de malades viennent y prolonger leur vie. Fondée en 1812, village jusqu'en 1820, ville dès que l'immigration anglaise eut commencé dans le Cap oriental, elle devint et resta longtemps le grand poste militaire contre les Cafres et servit maintes fois de refuge aux colons de la frontière. Maintenant que personne ne la menace plus, ses casernes logent les services