PORT-ELISABETH
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Profondeurs en mètres.
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L'Afrique Australe. chapitre
administratifs, et les Cafres des environs sont devenus de pacifiques laboureurs ou d'industrieux ouvriers. La population blanche de Graham's Town et du districtenvironnant estanglaise en grande majorité. L'élève des moutons fut autrefois sa principale industrie, mais la région, dite Zuur-veld, ne produit qu'une herbe « sure » — c'est ce que signifie le mot hollandais zuuv — . Cette herbe ne convient guère aux troupeaux; pour cette raison, on la réserve en maints endroits au pacage des autruches : c'est même là que l'élève de ces oiseaux et la préparation des plumes ont eu le plus de succès.
Graham's Town dépend de Port-Elisabeth pour son commerce extérieur; cependant elle a voulu posséder un havre pour elle seule. Sur le point de la côte le plus rapproché, à la bouche de la petite rivière Kowie, elle a mené à bout de grands travaux pour le creusement de la barre et l'établissement d'entrepôts. Les navires ayant plus de deux mètres et demi de calaison peuvent entrer désormais dans la rivière et décharger leurs marchandises sur les quais de Port-Alfred, ce nouveau port, qu'un chemin de fer rattache à Graham's Town par le bourg agricole de Bathurst. Celui-ci, première colonie fondée en Afrique australe par les Anglais, date de 1820 : il était destiné dans le principe à devenir le chef-lieu de la « province orientale » ; puis on lui préféra Graham's Town. En été, les baigneurs sont nombreux sur les plages voisines. Près d'Alexandria, le promontoire qu'on aperçoit à l'ouest et qui limite l'échancrure de la baie d'Algoa est appelé le cap Padrone, sans doute parce cjue les Portugais y élevèrent jadis un padrâu (colonne) en signe de possession, comme sur tant d'autres caps du littoral.
Le bassin de la Great Fish-river, le fleuve qui serpente à l'est des collines de Graham's Town, commence à l'arête des hautes montagnes du nord, dans le voisinage de l'Orange et se divise en plusieurs circonscriptions électorales. Middelburg, situe sur un haut affluent du fleuve, se trouve sur la rampe par laquelle le chemin de fer de Port-Elisabetli gravit la montagne pour la franchir au col de Bosworth, à la hauteur de 1 580 mètres, supérieure à celle des voies ferrées des Alpes; après quoi la voie redescend dans les plaines riveraines de 1 Orange. Cradock, sur la rive même de la Great Fish-river, de même que Tarka-stad, bâtie sur l'un de ses tributaires, est un des marchés de la colonie pour l'expédition des laines; à 863 mètres d'altitude, on la vante pour l'excellence de son climat. Dans les environs se sont maintenues quelques familles de couagga, protégées maintenant par des règlements contre les chasseurs. Somerset et Bedford sont aussi des centres agricoles, tandis que Fort- Bcaufort a gardé quelque peu de son aspect militaire, quand
CINQUIÈME Villes, lieux remarquables.
c'était un poste d'avant-garde en pays cafre et qu'en 1851, il repoussait les assauts des indigènes. Le district qui s'étend au nord, sur le versant méridional de l'Elands-berg, s'appelle actuellement Stockenstrom. Ce fut la colonie de Kat-river, exclusivement réservée aux Hottentots avant la guerre de 1851 ; mais les terres en sont si fertiles et si bien arrosées par la Katriver, que les blancs invoquèrent les prétextes ordinaires pour s'en emparer. Seymour, bourg anglais, s'élève au milieu de cette enclave hottentote. Plus au sud, Lovedale, centre de missions et d'écoles, puis Alice se suivent dans la vallée de la Keiskamma, et près du littoral un ancien poste de guerre, Fort- Peddie, est devenu le bourg principal de la « zone neutre », limitée jadis d'un côté par la Great Fish-river, de l'autre par la Keiskamma.
A l'est, les pays de la marche disputée plus récemment encore ont également leurs colonies de blancs. La capitale de ce territoire conquis est King William's Town, généralement désignée sous le simple nom de King : c'est un grand entrepôt de commerce et l'intermédiaire principal du trafic entre la colonie anglaise et les Cafres. Presque toutes les fermes qui bordent le cours d'eau de King William's Town, la Buffalo-river, appartiennent à des Allemands, descendants de soldats de la « légion anglo-germanique » congédiée après la guerre de Crimée. Berlin, Potsdam, Braunschweig, Frankfurt, etc., ainsi se nomment les bourgs de la contrée. Des observations qu'on a faites sur le régime de la rivière Buffalo qui, devant King William's Town, roule rarement un mètre cube par seconde, au bout d'un cours de 112 kilomètres en un bassin de 12.'J000 hectares, et souvent ne roule même pas 50 litres, il semble résulter que l'extirpation de la brousse contribue notablement à l'irrégularité du débit des torrents et, en somme, à leur indigence.
De même que Graham's Town, King a voulu avoir son port. Elle est unie par chemin de fer à l'escale d'East-London, l'une des plus dangereuses de la côte méridionale; souvent le port est inabordable pendant plusieurs jours consécutifs. On a fait de grands travaux, jetées, quais et brise-lames, pour approfondir l'entrée, mais sans succès. La rivière Buffalo, qui se jette en cet endroit dans la mer, emportait quelquefois la barre dans ses crues soudaines, et les navires de 6 mètres de calaison pouvaient entrer dans le port; maintenant la barre s'est fixée et n'offre guère plus qu'une épaisseur d'eau de 2 mètres et demi. Il est passé en proverbe dans l'Afrique australe qu'East- London est un des ports choisis de préférence par les armateurs qui veulent perdre leurs navires — y compris les matelots —, pour en toucher le prix d'assurance. Cependant
L'Afrique Australe. chapitbe cdiquième
East-London expédie beaucoup de laines et c'est le troisième port de la colonie : en 1898 il a fait pour près de 112 millions d'échanges (contre 30 millions en 1886); et là-dessus environ 24 millions pour l'exportation, 88 pour l'importation.
King William's Town, comme les capitales de l'ouest, est unie à la vallée de l'Orange par une voie ferrée « audacieuse >, qui escalade les montagnes, passe à Stutterheim, à Cathcart, à Queen's Town, dans le pays bien arrosé appartenant jadis aux Cafres Tambouki, puis contourne la masse pyramidale du Hang-klip, et franchit la crête du Stormberg à l'altitude considérable de 1 702 mètres, 237 mètres plus haut que le Puy de Dôme. A la descente, ce chemin de fer traverse les gisements houillers de Molteno, qui fournissent le charbon au réseau ferré de la colonie, puis, arrivé dans la plaine, passe à Burghers et rejoint le fleuve Orange à la station d'Aliwal- North, lieu de commerce très actif avec la république d'Orange, dont le territoire commence de l'autre côté du fleuve. Un pont de 260 mètres unit Aliwal-North au faubourgde la rive opposée. A l'est, la région comprise entre le cours de l'Orange, la Tollerivier et la crête des montagnes de Kouatlamba est aussi territoire de la colonie du Cap. Les deux villages principaux de ce pays alpestre sont Herschel, bâti sur la rive gauche de l'Orange, et Barkly, situé dans un vallon des montagnes, près de la rivière Kraal, qui débouche dans le fleuve à une petite distance en amont d'Aliwal-North.
A l'ouest, la zone du territoire colonial appartenant au bassin de l'Orange s'élargit graduellement, mais sur ces hautes plaines, jadis habitées par des myriades de grands mammifères et maintenant livrées au parcours du bétail, les villes et les villages sont rares. Colesberg, à 1 230 mètres d'altitude, au pied du Towerberg, sous un climat très sec, dans un air élastique, attire et guérit les poitrinaires, et des fontaines sulfureuses jaillissent dans ses environs. C'est un des entrepôts des marchandises destinées à la république d'Orange; un pont international traverse le fleuve à une trentaine de kilomètres au nord-est de la ville. Deux autres ponts se succèdent au nordouest, entre le territoire de la colonie et celui de son annexe de Griqualand-^Yest : l'un est celui du chemin de fer qui se dirige du Cap vers le pays des Diamants; l'autre, à Hopetown, a 487 mètres de longueur. A plus de 1 000 kilomètres de l'Atlantique, Hopetown est la dernière ville riveraine de l'Orange, à moins qu'on ne veuille bien qualifier de cité le bourg de Prieska, chef-lieu d'une région dont les Boers ont aidé leurs frères de l'Orange et du Transvaal, en 1899 et 1900.
En aval, il n'y a plus que des fermes isolées, des kraal de