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KIMBBRLEY ET SES ENVIRONS

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0^:sW^ f^opje -Butte généralement isolée, '^^^ VIei = Nappe d'eau qui s'assèche en été. o Mme de diamant.

V Afrique Australe. chapitre

Hottentots, des stations de missionnaires, la « colonie » germanique de Stolzenfels (d'ailleurs dans le Sud-Ouest allemand) et des campements de Bushmen. Au loin dans l'intérieur, à la base des montagnes, se trouvent quelques villages de marché pour les bergers des alentours : Hanover, Richmond, Victoria- West, Fraserburg, Carnavon, l'ancien Schietfontein des missionnaires, dans les monts Karree, à plus de 1 000 mètres au-dessus des mers.

Dans le Griqua-Land occidental, la capitale, Kimberley, est une ville d'une trentaine de mille âmes, une grande station du chemin de fer qui s'avance toujours plus vers le Zambeze; elle regagne peu à peu, comme place de commerce, ce qu'elle a perdu par la baisse de prix des diamants. Grâce à l'eau du Vaal amenée à grands frais sur le plateau jadis aride, on a planté d'arbres les rues et les places de Kimberley, transformé en jardins des amas de débris. Née d'hier, la ville africaine n'est plus une tin-town ou « ville en fer-blanc » bâtie en doublages de caisses; elle est éclairée à la lumière électrique. Dans la banlieue de Kimberley, Beaconsfîeld, à côté de la mine de diamants de Du Toit's Pan, dépasse bien des vieilles villes d'Europe par le nombre, la puissance de ses machines, la richesse de ses magasins, le luxe de ses édifices : il y a dix ans, en 1890, elle avait plus de 10 000 habitants, sans la population flottante.

Pniel, sur le Vaal, à l'endroit où l'on lava les premiers diamants dans les alluvionsdu fleuve, a cessé d'être un pôle d'attraction, les gisements s'y sont appauvris et le gouvernement, n'ayant plus qu'un petit nombre de demandes à satisfaire, a pu accroître les dimensions des daims ou « lots de fouille ». Deux ou trois centaines de mineurs, noirs et blancs, travaillent isolément, non encore asservis au monopole d'une grande compagnie. Le bourg de Barkly, l'ancien Klip-drift, qui fait face à Pniel, de l'autre côté du Vaal, est un lieu de marché très animé pour tous les diggers ou « piocheurs » qui exploitent les terres riveraines du courant sur un espace de plus de 100 kilomètres. Klipdam, au nord de Barkly, possède de très riches fonds diamantifères dans les anciennes alluvions de la rivière. Là aussi se trouve la mine de Leiccster : elle est très vaste et l'on prétend qu'elle donnera plus que celle même de Kimberley dont les « pierres » ne sont pas aussi belles.

A l'ouest du Vaal, la bourgade la plus peuplée porte le nom de la province : c'est Griqua Town, fondée en effet par des Gri- Koua, en 1802, lors du grand exode de ces métis hollandais. Jadis capitale du territoire, elle n'est maintenant que le cheflieu de l'un des quatre districts.

CINQUIÈME Villes, lieux remarquahles.

Dans la région méridionale de la contrée plus qu'immense qu'habite la nation des Be-Chuana, région définitivement annexée à la colonie, chez les Ba-Tlapi et les Ba-Rolong, quelques cités nègres ne manquaient pas d'importance. Plusieurs, dans le pays tlapi, ont eu quelque renom comme stations, lieux de marché sur le chemin de l'Orange au Zambeze. Et les résidences des chefs sont, pour la plupart, des centres populeux dont les habitants s'unissent (ou s'unissaient) en masse compacte pour se mieux défendre des attaques de l'ennemi.

En 1801, Truter et Somerville évaluaient à 15 000 individus la population de Latakou (Litakou), la ville fondée au bord de la source de Takoun par les Ba-Tlapi et les Ba-Rolong confédérés. Après la séparation des deux tribus, Kuruman, la nouvelle capitale des Ba-Tlapi, devint rapidement une véritable ville de près de 900 maisons, peuplée de 5 000 habitants. Les résidences royales qui succédèrent à Kuruman : Taungs, située sur la rive droite du Katong ou Hart's river, à l'issue d'un ouâdi; Mamusa, bâtie à une centaine de kilomètres en amont sur la rive gauche de la même rivière; Likatong, groupant également ses cabanes aux bords du Katong, non loin de son confluent avec le Vaal, et dans la province actuelle de Griqualand-West, sont ou furent aussi des bourgs populeux, car dans ce pays les demeures se déplacent facilement, chaque nouveau roi tenant à honneur de donner son nom à une résidence. Des pieux en bois d'acacia, de l'argile, des herbes pour le toit sont des matériaux suffisants.

La principale bourgade du pays tlapi, Kuruman, se groupe autour d'une mission religieuse, au milieu des jardins et des verdures, à la base orientale d'une colline de grès, d'où l'on contemple une vaste étendue du plateau moucheté de bois. Les missionnaires y sont devenus possesseurs de grands domaines de culture, qu'ils ne louent qu'à des indigènes monogames. Ces jardins tirent leur flot d'arrosage de la rivière Kuruman, née tout près, au sud-est, d'une fontaine puissante, bouche de caverne : au pied d'un roc de peu de hauteur, l'eau fuit avec tant d'abondance qu'un bateau pourrait voguer sur le courant; à côté de l'antre principal, des galeries décorées de stalactites permettent de pénétrer fort avant dans la grotte de la source, sur des pierres glissantes. On conte qu'un serpent sacré, protecteur de la fontaine, vit dans la caverne; si on lui donnait la mort, l'eau tarirait aussitôt. Au commencement du siècle, les lions étaient si audacieux dans ces régions que nombre de Be- Chuana dormaient en d'étroites cabanes sur les branches de grands arbres étayées par des pieux. Le missionnaire Moffat

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parle d'un arbre des environs de Latakou qui portait dix-sept de ces demeures.

Au nord des Ba-Tlapi, dans le « Stella-Land >, sur un torrent du bassin du Vaal, Vrijburg est la capitale du Be-Chuana-Land annexé. Son nom hollandais de « Ville libre » lui vient des Boers transvaaliens qui la fondèrent en 1842. Station du chemin de fer du Cap au Zambeze, c'est encore une modeste bourgade, mais sous un climat très salubre, avec de l'eau en « suffisance » plutôt qu'en surabondance.

Au septentrion du Stella Land, on entre chez les Ba-Rolong, anciens alliés des Ba-Tlapi et divisés maintenant en plusieurs tribus indépendantes les unes des autres. Ils habitent, dans la partie septentrionale du territoire spécialement protégé, la contrée comprise entre les lits presque toujours à sec du Molopo et des affluents du Kuruman; mais c'est dans le voisinage des sources du Molopo, où les ravins fournissent assez d'eau pour arroser leurs champs, que se trouvent leurs principaux villages, dont un devenu ville, ou à peu près. Mafeking, vainement assiégé pendant de longs mois par les Boers en 1899 et 1900, est comme Vrijburg une station de la grande ligne intercoloniale et la résidence d'un commissaire anglais. On estime les Ba-Rolong à 18 000, non compris ceux qui se sont mêlés d'éléments étrangers. Entre leur domaine et celui des Ba-Tlapi se sont réfugiés les débris d'une tribu de Hottentots Kora-Na, environ 5 000 individus, avec des Be-Chuana de diverses peuplades. Des Bastaards, refoulés au nord par l'irruption des Anglais dans le Griqua-Land, se sont également établis sur le territoire chuana, pour y vivre en petites communautés républicaines.

En franchissant le Grand Kei on passe du // pays des Cafres annexés antérieurement à celui

z).4.v5 dont la prise de possession officielle est récente, LA CAFREHIE de 1883 à 1894.

ANNEXÉE II n'y a pas encore de vraies villes dans cette

région inféodée, ici depuis moins de vingt ans, là depuis moins de dix. Encore aujourd'hui les immigrants et les traitants anglais ne s'y aventurent qu'avec prudence, et même le séjour de certains districts leur est provisoirement interdit. Des magistrats, résidant à côté des chefs, représentent le pouvoir suzerain de la colonie et veillent en même temps à ce que leurs compatriotes ne s'emparent pas des terres réservées aux Cafres.

Les premiers Cafres qu'on rencontre dans cette « Cafrerie », dans ce « Transkei », sont les Fingo.

CINQUIÈME Villes, lieux remarquables.

Les Fingo, les Ama-Fingo ou les « Errants », qui vivaient jadis beaucoup plus au nord, dans la vallée de la rivière Tugela, et qui en furent chassés par Tchaka, le conquérant zoulou, ne sont guère plus Cafres que de nom. Après leur fuite, ils étaient tombés sous la dépendance des Ama-Kosa, qui en avaient fait peu à peu de véritables esclaves et avaient assimilé leur nom à celui de « Chiens ». De là une haine mortelle entre les deux nations, et pour les colons anglais l'occasion favorable d'intervenir. Profitant de l'offre de terres qui leur était faite par leurs voisins de la colonie, les Fingo émigrèrent en masse pour aller s'établir sur les bords de la Great Fishriver : là du moins ils devenaient propriétaires du sol cultivé par eux, moyennant une taxe de 12 francs 50 centimes par cabane. Bien plus, ils s'alliaient aux Anglais contre les anciens maîtres, et c'est grâce à leur concours que les Ama-Kosa, s'avouant enfin vaincus, cédèrent, à l'est du Kei, de vastes territoires qui furent transmis en grande partie à ces « Chiens » dont ils avaient avec tant d'imprudence fait l'avant-garde des blancs.

Tant dans l'ancienne Cafrerie, au bord de la Great Fishriver, que dans le lambeau confisqué depuis peu sur la nation des Cafres, on estime à cent mille ces Fingo, d'ailleurs fortement mêlés de sang anglais, et qui portent le costume des blancs. Ils dirigent à l'européenne des charrues européennes, envoient leurs enfants à des écoles qu'ils entretiennent de leurs contributions volontaires, rédigent des journaux, traduisent des chansons européennes, composent des airs de musique ; presque tous se disent chrétiens; ils constituent la caste des prolétaires dans les régions orientales de la colonie sud-africaine. Les deux bourgs principaux du pays des Fingo, à l'est du Kei, sont Namaqua et Butterworth, situés l'un et l'autre sur des affluents de cette rivière.

Les Ama-Kosa, Koça ou Xosa, qui furent d'abord les maîtres des Fingo, puis durent leur abandonner de force les terres occidentales du Transkei et les vallées situées au delà jusqu'à la Great Fish-river, sont les Cafres qui ont le plus souffert de la haine des blancs. Placés dans le voisinage immédiat des Anglais, ils attaquaient les premiers, les premiers ils étaient décimés, et c'est par eux que commençait l'œuvre d'extermination. Aussi les Kosa, fiers de leur gloire passée, se considèrent-ils comme les plus nobles des Cafres, et les tribus voisines leur accordent en effet le rang supérieur. D'ailleurs, ils ne diffèrent guère des autres peuplades que par le groupement et les traditions politiques; le dialecte qu'ils parlent est à peine distinct de ceux qu'on emploie jusqu'à

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la baie Delagoa, et leur nom même n'a point de valeur ethnique, la plupart des tribus cai'res, celle des Kosa en particulier, ayant été désignées d'après quelque prince fameux dans l'histoire de la nation. C'est également d'après des chefs illustres que sont dénommées les principales divisions des Kosa : les Galekaet les Gaïka. Ces derniers ont presque disparu comme groupe distinct : déportés en 1851 à l'ouest de la rivière Kei, dans un territoire depuis longtemps envahi par les Anglais, ils sont épars dans les fermes et les faubourgs des villes, comme ouvriers, laboureurs ou domestiques, et se confondent peu à peu avec les autres habitants. Quant aux Galeka, ils occupent un domaine qui leur appartient en propre, environ la moitié du territoire compris entre les rivières Kei et Bashee. En 1873, ils formaient une population compacte de près de soixante-dix mille individus. Tout compté, la nation des Kosa comprend plus de cent mille Cafres.

La plupart des Galeka ont conservé les anciennes coutumes. Le futur achète encore sa femme pour un certain nombre de bestiaux, et le chiffre de ses épouses varie en proportion de sa richesse. Au contraire de la pratique chuana, c'est le jeune homme qui trait les vaches en Cafrerie; aucune femme n'a le droit d'entrer dans l'enclos sacré où l'on garde le bétail : elle le souillerait de sa présence. La femme est serve et méprisée; il lui est interdit de prononcer le nom d'un homme de la famille; les sons analogues à ce nom lui sont même défendus, il faut qu'elle invente une langue nouvelle, différente de celle du mari. Les enfants mal venus sont tués ; ceux qui sont bien conformés, on les pique en divers endroits du corps et une petite amulette protectrice leur est introduite sous la peau, puis on les frotte de terre rouge, ainsi que la mère. Les chefs, grands personnages au-dessus des lois qui régissent les autres hommes, ont droit de confiscation sur leurs sujets, et leurs fils aussi ont tout pouvoir de vol et pillage sur les gens de la tribu qui doivent se sentir très honorés des choix ou des caprices du maître et de ses héritiers. Naguère les chefs seuls étaient enterrés ; les cadavres des sujets étaient jetés dans la brousse; parfois même on n'attendait pas leur fin pour traîner le corps en dehors de la cabane par une brèche faite violemment dans le treillis. Mais quand il s'agissait d'un grand chef, les cérémonies nationales duraient des semaines entières. Des amis veillaient autour du tombeau pour le défendre contre les esprits de l'air, l'inclémence du temps; parfois même la veillée du sépulcre durait une année et les gardiens devenaient sacrés pour leurs compatriotes ; des vaches étaient amenées dans l'enclos du tombeau, et, désormais saintes, on les con-

CINQUIÈME Villes, lieux remarquables .

sidérait comme des génies protecteurs qu'on n'avait plus le droit de manger ni de vendre; cet enclos était aussi un lieu de refuge, un sanctuaire à la limite duquel s'arrêtait la vengeance ou la justice.

On pourrait croire à l'absence totale d'esprit public chez

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