PAYS DES CAFRES
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un peuple tel que celui-ci, capable d'un respect si bas, si superstitieux pour la personne de son chef. On ferait erreur, car les Ama-Kosa savent au besoin défendre leurs droits coutuiniers contre leurs seigneurs ; ils font preuve en toute circonstance
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d'une grande solidarité familiale : celui qui doit payer une amende en bestiaux et qui ne les possède pas peut compter sur les siens pour acquitter sa dette.
Le pays habité par lesTembou, Tembu-Land, se développe en demi-cercle au nord et à l'est du territoire des Fingo et des Galeka; il commence aux montagnes de Kouathiamba, et comprenant plusieurs hautes vallées tributaires du Kei, il se prolonge au sud-est par une partie de la zone riveraine que limitent les rivières Bashee et Um-Tata. Désignés généralement sous le nom de Tambouki (Tambookies), les Tembu ou Aba-Tembu sont au moins cent mille. Quoique les vicissitudes des guerres les aient maintes fois forcés à se déplacer avec leurs troupeaux, ils ont relativement peu souffert des changements amenés par l'invasion graduelle des blancs, et reconnaissent sans trop d'impatience le pouvoir des magistrats britanniques. Des routes, des lignes de télégraphe traversent leur territoire, on exploite la houille de leurs montagnes, et même une véritable ville, Umtata, s'est fondée dans leur pays, sur la berge orientale de la rivière de même nom, en amont de superbes cascades. Les Bomvana, qui habitent, au nombre de quinze à vingt mille, la région maritime comprise entre le Bashee et l'Um-Tata, sont restés plus en dehors de l'attraction commerciale des Anglais, et l'on connaît peu leur domaine.
Le territoire des Pondo (Pondo-Land) occupe plus de la moitié du littoral de la Cafrerie, entre l'Um-Tata et la rivière Um-Tafuna, frontière du Natal. Grâce à la distance qui les sépare de la colonie du Cap, ces indigènes ont pu se maintenir sans peine dans leurs riches vallées : au nombre de plus de deux cent mille, ils passent sans secousse de l'état d'indépendance à celui de vassalité.
Leurs tribus, Ama-Kongvs^e, Ama-Kongwela, Ama-Kobala, Ama-Kwera, Ama-Nyati, Ama-Bala, Ama-Yali, d'autres encore, ont chacune son chef et ne reconnaissent aucun lien fédéral; cependant elles admettent la suzeraineté de la Grande-Bretagne, représentée naguère par la veuve d'un missionnaire, à laquelle tous venaient demander conseil. Plusieurs bourgades, destinées à se transformer peu à peu en villes anglaises, parsèment déjà la surface de la contrée, et c'est aussi dans le territoire des Pondo, à la bouche de la rivière Saint-John, que s'est établi le port destiné à devenir un jour le marché de tout le littoral entre East-London et Durban. Palmerton est une station de missionnaires qui se transforme en bourgade et deviendra ville un jour.
CINQUIÈME Pays des Ba-Souto.
La région de la Cafrerie séparée du pays des Ba-Souto, à l'ouest, par l'arête des Draken-bergen et qui, sans aucune relation territoriale avec la mer, est limitée de ce côté par le Pondoland, a pris officiellement le nom d'East-Griqualand ou terre des Gri-Koua de l'Est. Ce nom est peu mérité, puisque les Gri-Koua y sont en minorité, et que même cette minorité est dérisoire : à peine sont-ils quelques milliers sur les 152 618 personnes trouvées ici par le recensement de 1891, en un territoire de 19 668 kilomètres carrés. Tout le reste consiste en Cafres de diverses nations : Pondomisi, Ama-Baka, Ama-Xesibi, Fingo.
Ces Gri-Koua del'Est vivaient jadis avec les autres Gri-Koua ou Bastaards sur les plateaux que parcourt l'Orange; mais, après de longues migrations en divers sens, ils se séparèrent du reste de la nation, et, sous le commandement d'un chef portant le nom hollandais d'Adam Kok, allèrent s'établir, en 1862, sur le versant oriental des Draken-bergen. Le territoire désigné longtemps sous le nom de No man's Land ou « Pays de personne », et que l'on pourrait appeler le « Pays de tout le monde », en raison de la multitude des immigrés de toute tribu qu'on y rencontre, finit par devenir leur domaine, sous la suzeraineté de l'Angleterre.
La route du Cap au Natal traverse la contrée en longeant la frontière du pays des Pondo et passe au chef-lieu, au bourg hollandais de Kokstad, situé à plus de 1 500 mètres d'altitude sur un haut affluent de la rivière Saint-John. Un autre gros village, Matatiel, est placé dans le district montagneux de l'ouest, au point de rencontre de plusieurs sentiers descendus de la crête de partage. De nombreuses familles de Ba-Souto, à l'étroit dans leur pays, ont franchi la chaîne pour mener leurs troupeaux dans les hautes vallées du versant oriental.
Avant l'invasion des Boers dans les contrées
m au nord de l'Orange, Be-Chuana de l'Ouest et
PAYS Be-Chuana de l'Est vivaient à côté les uns des
DES autres, errant en des pâturages limitrophes. Mais
BA-SOUTO le coin s'enfonça graduellement dans le cœur du
chêne. Les colons de race blanche, remontant les
bords de l'Orange et du Caledon, puis gagnant au nord le faîte
de passage entre l'Orange et le Vaal, s'emparèrent peu à peu
des pâturages et du bétail, et de part et d'autre les anciens
habitants du sol s'écartèrent de gré ou de force. A mesure que
les Be-Chuana occidentaux franchissaient le Vaal, les tribus
orientales de même race, comprises sous le nom collectif de
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Ba-Souto, « Ventrus » ou « Gens à ceinture », étaient refoulées par degrés dans les hautes vallées des Maluti et des Drakenbergen. Après avoir constitué leur république d'Orange, dont tout le sol appartenait primitivement aux Ba-Souto, les Boers auraient fini sans doute par arracher aux indigènes leurs dernières retraites des montagnes, car la guerre des frontières n'était interrompue que par de rares trêves; mais les Anglais intervinrent à leur tour, d'abord pour « assurer l'indépendance des Ba-Souto », puis pour la confisquer à leur profit. La guerre éclata entre les protecteurs et les protégés ; les premiers ayant exigé le désarmement des montagnards, plus d'une fois ceux-ci repoussèrent vaillamment les troupes anglaises, notamment à Qualabane en 1880. — La première syllabe de ce nom, qwa, est un claquement emprunté par les Cafres aux Hottentots — . Ce conflit coûta plus de cent millions de francs à la métropole. Le-Souto ou pays des Ba-Souto, bien limité au sud-est, à l'est et au nord-est par la principale arête des monts sud-africains, au nord-ouest et à l'ouest par le cours de la rivière Caledon, est maintenant annexé au territoire colonial depuis 1871 ; à part quoi, il est administré directement par un résident que nomme le gouvernement anglais. Les Blancs y sont encore peu nombreux : six cents environ (578 au recensement de 1891).
On évalue sa surface à 31 490 kilomètres carrés, sa population à 263 600 habitants (218 324 en 1891), soit 8 personnes par 100 hectares, ce qui, pour l'Afrique australe, est » énorme »; d'autres documents concluraient à 11 personnes au kilomètre carré. Sur ces 263 600 individus, il y a quelques milliers de Ba- Rolong réfugiés de la république d'Orange.
Les Ba-Souto sont les Be-Chuana le mieux étudiés jusqu'à ce jour, par la raison que des baroutis, c'est-à-dire des missionnaires, protestants et français, établis au milieu d'eux depuis 1833, nous ont amplement renseignés sur l'esprit et les mœurs de cette intéressante nation dont ils ont réussi à modifier en partie l'intelligence et les coutumes.
« Enchaînés » qu'ils sont entre la colonie du Cap, la Natalie, le Transvaal, tous pays appartenant aux Européens, les Ba- Souto ont dû s'accommoder au milieu nouveau et l'ont fait avec une remarquable intelligence. Tandis qu'en tant d'autres contrées le contact des Blancs et des autres races a pour conséquence lappauvrissement, la déchéance et la mort des indigènes, les Ba-Souto ont heureusement traversé la crise d'assimilation, et, tout en gagnant en connaissances et en industrie, ils se sont extrêmement accrus en nombre dans leur pays, presque désert en hommes il y a soixante ans, mais alors
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fort peuplé d'animaux : gnous, buffles, hippopotames, éléphants et lions qui ont à peu près disparu; les antilopes aussi, devenues très rares, et les singes, qui ont presque tous émigré dans la haute montagne.
Chez eux la civilisation n'est pas simplement extérieure, elle