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TION DU NATAL

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Le croît excessif entre 1891 et 1898, soixante pour cent, en sept ou huit années, tient à l'annexion du pays des Zoulou à la Natalie, le 30 décembre 1897.

902 365 personnes sur 70 890 kilomètres carrés, cela donne une densité de population de 12 à 13 personnes par 100 hectares.

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L'Afrique Australe. chapitre

Il reste encore de vastes espaces inoccupés, sans maîtres dont le gouvernement peut disposer pour le pacage des bestiaux ou pour la culture. Dans l'ancienne Natalie, le pays des Zoulou à part, lequel est annexé depuis trop peu de temps pour qu'on sache encore ce qu'il y aura de terres disponibles quand les Cafres auront été pourvus; dans l'ancien Natal, sur un espace de 4 856 000 hectares, qui comprend, il est vrai, des rochers, des éboulis, quelques sommets infertiles, un domaine total de 900 000 hectares a été mis à part pour les indigènes. 5 800 000 ont été concédés ou vendus par le gouvernement aux colons européens; un peu plus de 600 000 ont été cédés par lui contre paiements échelonnés, et il en reste environ 400 000 à la disposition des acheteurs, tandis qu'en 1883 il en restait encore environ 1 100 000.

Le Natal, comme ces nombres le montrent, sera bientôt entièrement occupé, ce qui ne veut pas dire cultivé; bien loin de là. En effet, en 1898, les Blancs n'avaient soumis au labourage et autres façons agricoles que 63 000 hectares, soit seulement le cinquante-quatrième de ce qu'ils possèdent; en 1885, ils n'en avaient défriché que le centième environ ; le progrès est donc visible, quoiqu'il y ait quelque chose de peu louable dans une disproportion pareille entre ce qu'on a fait et ce qui demeure à faire. La faute en est aux vastes domaines. Les lots de vente ou de fermage ont varié de grandeur suivant les oscillations de la politique coloniale; les premiers colons hollandais s'étaient attribué à chacun 2 400 hectares ou davantage, en sorte qu'un nombre de deux mille propriétaires eût suffi pour accaparer toute la contrée. Depuis cette époque, les lots ont été de moindre étendue, quoiqu'il y en ait beaucoup qui comprennent plusieurs centaines ou même un millier d'hectares; mais dans le voisinage des villes la propriété se divise peu à peu.

Quant aux indigènes, ils sont bien loin, eux aussi, d'avoir « dompté » toutes leurs terres : sur les 900 000 hectares de leurs lots et réserves, on estime qu'ils en ont défriché 104 000, c'est-à-dire un peu moins du cinquième. Les Hindous n'en cultivent encore que 10 000 au plus.

La principale culture du Natal est le mealie ou « maïs ». Cette céréale fournit en surabondance la nourriture des Cafres, des Hindous, des animaux domestiques; elle-même s'exporte en quantités notables.

Le blé, l'avoine, les autres céréales, les légumes et « verdures » sont également cultivés dans ce pays que les pluies favorisent. Toutes les autres céréales d'Europe aussi, et chaque ville, chaque village s'entoure de vergers, qui remplacent l'ancienne parure de forêts, presque entièrement détruite par la

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hache et l'incendie; même, on a presque partout exterminé les palétuviers du littoral, leur bois incorruptible étant des plus appréciés pour les travaux de charpente. Dès 1880, la Natalie ne possédait plus que 66 360 hectares de forêts, avec 736 400 hectares de brousses épineuses où dominent diverses espèces de mimosa, aires de sylve ou de brousse auxquelles il faut ajouter ce que possède encore de maquis et forêts le Zululand récem- ■ ment incorporé.

Grâce à son climat semi-tropical, la Natalie produit aussi des plantes qu'on ne trouve pas dans l'Europe tempérée. Naguère elle avait d'importantes plantations de cafiers; à partir de 1872, à la suite de la maladie de l'arbuste, cette culture fut presque abandonnée, mais elle a quelque peu repris, et l'année 1896 a donné 360 tonnes, récoltées sur 930 hectares. On Ta remplacée en partie par celle de l'arbuste à thé : en 1885, l'étendue des plantations ne dépassait pas 160 hectares et l'exportation du thé avait été de 14 000 kilogrammes seulement; mais en 1898, on arrivait déjà à une production de plus de 500 000 kilogrammes sur près de 1100 hectares. On cultive aussi le chanvre, le phormium tenax et autres plantes à fibres textiles.

La grande culture industrielle a été dès l'origine et reste celle de la canne à sucre. Introduite dès 1851 , elle doit, par infortune, lutter contre celle de tant de pays sucriers. En 1884, l'aire des champs de cannes, habités de pythons inoffensifs pour l'homme, mais qui chassent les souris et les mulots, était de 11 625 hectares et la récolte atteignait 18 771 tonnes, dont plus d'un tiers était exporté over-berg, c'est-à-dire « au delà des montagnes ■», dans les républiques hollandaises. En outre, les planteurs avaient fabriqué plus de 10 000 hectolitres de rhum. Les résultats de la «. campagne » de 1896 indiquent un recul dans cette culture, dû sans doute à l'extrême concurrence : 5 650 tonnes seulement.

En ce pays de belles et savoureuses pâtures, l'élève du bétail fut la seule industrie aux premiers temps de l'occupation hollandaise. Elle a diminué d'importance relative depuis 1855, époque où une épizootie fît périr 96 bètes sur 100 dans les troupeaux attaqués. Mais la pratique de l'inoculation, l'introduction de nouvelles espèces, une meilleure hygiène ont reconstitué les parcs, et les Nataliens, tant indigènes qu'Européens, disposaient, en 1896, de 736 567 bœufs, dont 242165 aux blancs; de 807 391 moutons, dont aux blancs une vingtaine de mille; de 308 300 chèvres, propriété des indigènes; de 62 878 chèvres à long poil angora, unique propriété des Européens; de 50456 chevaux, dont plus de la moitié aux Blancs. Des documents de 1898 montrent, s'ils sont bien exacts, un grand recul en fait

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de bêtes à cornes (172 533 seulement?), un recul moindre sur les moutons (600 022), une augmentation en fait de chèvres (450 038) et de chevaux (57 382). Ne sont pas compris, évidemment, dans ces nombres, les bestiaux du Zululand. Et il convient dajouter que c'est par millions que l'on compte parfois les bètes ovines dans les pâturages nataliens, parce que les pasteurs hollandais des plateaux de l'Orange et du Transvaal transhument suivant les saisons : en été ils paissent leurs troupeaux dans les hautes vallées occidentales ; en hiver ils redescendent les pentes vers les plaines tempérées du Natal. C'est aussi par le port de la colonie anglaise qu'ils expédient leurs laines. Les éleveurs ont introduit la chèvre d'Angora dans leurs troupeaux, mais ils ne se sont guère occupés de l'autruche domestique, et l'insuccès relatif de leurs voisins du Cap n'est pas de nature à les encourager.

Natal a quelques gisements de cuivre, d'or, de graphite, mais trop peu rémunérateurs pour qu'on songe à les exploiter. Ses richesses minérales sont le fer et le charbon, dans la partie septentrionale de la colonie, principalement sur les deux versants de la chaîne de Biggarsberg, près de la ville appelée Newcastle, comme si elle devait rivaliser un jour avec la cité houillère de la Grande-Bretagne. L'espace exploitable est supérieur à 3 500 kilomètres carrés et quelques-unes des couches ont plus de 3 mètres d'épaisseur. En ne comptant que les strates horizontales reconnues par des fouilles peu profondes, et seulement sur le versant britannique des Draken-bergen, l'ingénieur North a trouvé que la masse de combustible de bonne qualité à extraire du sol dépasse 2 milliards de tonnes. Toutefois les quelques forgerons de la contrée étaient naguère les seuls qui en fissent usage; depuis que le chemin de fer a pénétré dans ces régions, on l'utilise aussi pour les locomotives. L'exploitation des houillères ne peut que s'accroître en proportion du réseau des voies ferrées et des établissements industriels, sucreries, raffineries, forges et fabriques d'instruments; déjà elles ont fourni 219 106 tonnes en 1896, et 387 811 en 1898.

187 kilomètres de voies ferrées en 1885; 347 en 1887; 925 en 1898, ainsi s'est développé le réseau du Natal, qui est dans les mains de l'État et lui donne de notables profits. Il consiste avant tout en une grande ligne intercoloniale ou, si l'on préfère, internationale, qui part de Durban ou Port-Natal, monte à Pietermaritzburg, coupe la Tugela, passe à Ladysmith, à Newcastle et, après de rudes ascensions, franchit

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les Draken-bergen au col de Laing's Neck et se déroule plus paisiblement à travers les hautes plaines du Transvaal, jusqu'à Johannesburg et Pretoria. Sur cette ligne se greffent des embranchements : tel celui qui, commençant à Ladysmith, gravit aussi la chaîne du Dragon, puis, de la cime, descend sur le plateau de la république d'Orange, dans la direction de Bethlehem et de Kronstad; il n'a que 58 kilomètres de développement en Natalie. Une ligne de 111 kilomètres, suivant d'assez près la côte, relie Durban à la Tugela près de son embouchure; une autre, voisine aussi du rivage et qui n'a pas même 60 kilomètres, va de Durban à Park Rynie, etc.

La construction des chemins de fer de la Natalie se fait avec toute l'économie possible : les fortes rampes dépassent trois centimètres par mètre, les courbes les plus brusques n'ont pas même 100 mètres de rayon, et tous les'travaux d'art sont faits pour une seule voie étroite. Le chemin de fer escalade successivement toutes les chaînes transversales du versant : près du village de Westown, il passe à 1 570 mètres d'altitude et c'est à 1 676 mètres qu'il franchit la crête des Draken-bergen pour entrer dans la république d'Orange, après un parcours de 494 kilomètres.

A la date du 31 décembre 1898, la totalité du réseau coûtait à l'État une somme de 173 765 500 francs, soit 187 000 à 188 000 francs par kilomètre; dépense élevée qui s'explique, malgré toute économie, par les difficultés d'un pays grandement montagneux. En 1896, les bénéfices bruts ont été de 18 642 575 francs, les dépenses de 9 770 325 : d'où un gain net de 8 866 250 francs pour le trésor public; en 1898, les recettes ont atteint 24 660 000 francs, les dépenses 14 750 000 : soit un encaissement définitif de 9 910 000 francs.

Quant aux routes carrossables, qui complètent le réseau des voies de communication de la Natalie, elles sont aussi tracées avec une grande hardiesse au-dessus des gorges et sur les flancs des montagnes, jusqu'au rebord du plateau de l'Orange. Presque tout le commerce extérieur de la contrée se fait par Port-Natal.

On ne peut pas encore dire de la Natalie que c'est un pays industriel : en dehors de l'extraction de la houille, des métiers usuels, des industries domestiques et menues fabriques, elle se borne à la culture (presque infinitésimale) du sol. Et, par cela même, le commerce consiste dans l'échange des produits de la terre natalienne contre les objets manufacturés de diverses contrées, surtout de la Grande-Bretagne qui, dans l'ensemble, contribue à l'importation pour 70 du cent, et à l'exportation pour 68.

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Ci-dessous le tableau du commerce natalien en 1890, 1894, 1895, 1896, 1897, 1898, nombres ronds.

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