LE COMMERCE
IMPORTATIONS
NATALIEN
EXPORTATIONS
TOTAL
110 000 000 fr.
34 500 000 fr.
144 500 000 fr.
Ces nombres manquent d'intérêt réel parce qu'ils n'expriment pas exactement le commerce du Natal; ils sont majorés de ce que les deux républiques hollandaises du plateau envoient ou reçoivent par Durban, qui est l'entrepôt le plus commode pour elles, avec celui de Lourenço Marques en ce qui concerne le Transvaal. Durban est le lieu marin le plus rapproché de l'État libre d'Orange, et le plus rapproché du Transvaal est Lourenço Marques. Ni le Cap, ni Port-Elisabeth ne sont les marchés naturels des Boers du haut plateau.
L'importation consiste principalement en fers, machines et quincaillerie, objets de mercerie, objets en cuir et harnachements, vêtements, grains et farines, vins et spiritueux; l'exportation en laines, peaux et cuirs, charbon de terre, poil de chèvre angora, or en barres, sucre, etc. On admet qu'un cinquième de l'importation est à destination des deux républiques, et que leur part à l'exportation est notable, surtout en ce qui concerne les laines.
Ces échanges ont été faits en 1898 : à l'importation par 690 navires jaugeant 1264 561 tonnes, à l'exportation par 687 navires d'une capacité de 1 262 231 tonneaux.
La Natalie n'est pas une colonie autonome, // se gouvernant elle-même, nommant ses minis-
GOUVERNEMENT, trcs et pourvoyant à sa propre défense. C'est une ADMINISTRA- « colonie delà Couronne », dépendant encore du TioN, gouvernement britannique, bien que s'essayant FINANCES, déjà à une certaine indépendance. INSTRUCTION La raisou pour laquelle cette colonie est
PUBLIQUE encore « sous le joug » britannique, joug d'ailleurs léger et facile à porter, c'est la difficulté, l'on peut dire l'impossibilité où se trouve le Natal de pourvoir à sa propre défense. Les colons ne sont pas en force : un sur
SIXIÈME Natal ou Natalie.
dix-huit, cela ne suffît pas, même à des Blancs, dans un pays de Bronzés, de Cafres, d'Hindous. Ils sont entourés ici de populations dont l'hostilité pourrait parfaitement se raviver : au sud-ouest les Pondo, à l'ouest les Ba-Souto, au nord-ouest les Boers, au nord-est les Zoulou, et dans le pays même ils pourraient avoir à lutter contre une insurrection des noirs. A tant de dangers il leur faut opposer le secours de la mère patrie.
Le gouverneur du Natal, dont l'assentiment (rarement ou jamais refusé) est indispensable aux projets de loi, le gouverneur est nommé par la reine, de même que le Conseil exécutif, composé du chief -justice , du commandant des troupes, du secrétaire colonial, du trésorier, de l'avocat général, du secrétaire des affaires indigènes et de l'ingénieur en chef, auxquels sont adjoints deux membres du Conseil législatif.
Le Conseil législatif, sorte de sénat, est à la nomination du gouverneur; il se compose de 12 membres, dont un pour le pays des Zoulou, choisis parmi les Nataliens âgés de plus de trente ans, riches d'au moins 500 livres sterling (12 500 francs) et ayant résidé dans la colonie pendant dix années au moins.
L'Assemblée législative comprend 39 membres, dont un pour le Zululand, élus par un collège dont ne font partie que les possesseurs d'une propriété valant au moins 1 250 francs, les hommes payant un fermage de 230 francs ou dont le revenu atteint 2 400 francs, appointements compris, si l'on est fonctionnaire ou employé. Ces membres sont nommés pour quatre ans, sauf dissolution de la Chambre avant le terme légal du mandat.
Personne n'est officiellement exclu du scrutin en vertu de sa couleur, de son origine ou de sa religion. Mais, sans renvoyer en masse Africains et Asiatiques, on a obtenu le même résultat par des artifices légaux : « Aucune personne appartenant à une classe placée par législation spéciale sous la juridiction de cours spéciales ou sujette à des lois et à des tribunaux spéciaux ne sera inscrite sur la liste des votants ». Il eût été plus honnête de dire : « Les blancs seuls pourront voter ».
Le gouvernement désigne les juges de la Cour suprême, les magistrats résidents et les field-cornets, qui surveillent les différents districts. Il nomme aussi les administrateurs et employés et choisit même la plupart des professeurs et instituteurs, car c'est en grande partie du budget colonial que dépendent les écoles.
Pour défendre la colonie à l'extérieur, et surtout à Tintérieur où, en somme, le danger est plus grand, une petite armée anglaise d'un peu plus de mille hommes campe, en trois divisions, à Pietermaritzburg, Estcourt et Greyton; à côté d'elle
L Afrique Australe. chapitre
agit une police montée de plus de 2 000 hommes, dont 659 blancs; enfin un régiment de volontaires (plus ou moins exercés) se compose de plus de 1 500 Nataliens, et dans chaque ville ou bourgade les Européens ont fondé des sociétés de tir que le gouvernement favorise par des distributions de prix; d'autre part, la vente d'armes de guerre et de munitions aux indigènes est strictement interdite. Interdite aussi la vente de l'eau-de vie, depuis 1856, sous peine d'amende ou d'emprisonnement; mais la loi est constamment violée, principalement par les marchands hindous.
Le budget colonial puise surtout aux droits de douane, aux recettes des chemins de fer, aux revenus de la poste, à la taxe sur les cabanes indigènes, à la vente des terres du domaine, etc. Pendant longtemps, il s'est soldé en déficit. Ce n'est plus le cas maintenant : tandis que, par exemple, en 1884, les recettes étaient de 15 237 200 francs seulement contre 18 670 200 francs de dépenses, les années fiscales 1895-1896, 1896-1897, 1897-1898 se sont réglées comme suit, nombres ronds :
ri;
années fiscales