DÉPENSES
36 500 000 fr.
32 000 000 fr.
La dette publique a déjà quelque ampleur; elle se montait à plus de 200 millions en 1898.
Durban et Pietermaritzburg ont chacune leur école supérieure {high school), d'où les élèves boursiers peuvent être envoyés aux universités britanniques. Les gros bourgs sont tous pourvus d'écoles primaires, entretenues sur les fonds coloniaux; en outre, un grand nombre d'écoles particulières, notamment celles qui appartiennent aux missions, reçoivent des subventions du gouvernement, soit en argent, soit en terres. Edendale, près de Pietermaritzburg, est le centre principal de la propagande d'éducation dirigée par les missionnaires wesleyens : ceux-ci sont les plus actifs parmi les instituteurs et prêcheurs que subventionnent les diverses sectes, et le tiers des stations de mission a été fondé par eux.
Aux dernières nouvelles scolaires (1898) le nombre des élèves blancs inscrits sur les listes était de 8 675. On calcule que 96 pour 100 des Européens ont reçu de l'instruction, plus ou moins. En cette môme année il y avait 10 248 enfants de
SIXIÈME Natal ou Natalie.
couleur sur les bancs de 182 écoles natives, et 3 214 enfants hindous dans 32 écoles.
Dans le Natal méridional, près des limites /// de la colonie du Cap, entre les fleuves Um-
viLLES Tavana et Um-Zinkulu, il y a peu d'habitants ET encore, et les blancs sont fort clairsemés au
BOURGS milieu des Pondo, des Zoulou. Marburg, colonie agricole fondée par des Norvégiens, a son site à 9 kilomètres de l'embouchure de l'Um-Zinkulu susnommé, estuaire où s'ouvre, d'accès souvent périlleux, le petit port de Shepstone. D'autres prétendus « ports », évités des marins, se succèdent au nord sur le parcours rectiligne de la côte, le Port Harding, à l'embouchure de l'Um-Zumbi, le Port Scott (Scottsburg), à celle de l'Um-Pambynioni.
La seule partie de la côte natalienne qui soit découpée de manière à offrir un large bassin aux navires est celle que Vasco de Gama reconnut en 1497, le Port Natal. En cet endroit, une chaîne de rochers, d'environ 80 mètres de hauteur moyenne, parallèle à la côte primitive et rattachée depuis au continent par l'exhaussement des terres, se termine à son extrémité septentrionale par un bluff, ou brusque falaise, qui protège une large baie, reste de l'ancien détroit, contre les vents et la houle. A l'entrée de cette baie, le mouvement des vagues a fini par former une flèche de sable qui se relie à la plage septentrionale et se dirige vers le sud-est, à la rencontre de la falaise, ne laissant aux navires qu'un étroit passage, dont le seuil change de position et de profondeur suivant marées et tempêtes. Jadis l'épaisseur d'eau y variait, à marée basse, de 2 mètres et demi à 5 mètres et demi, et rarement les bâtiments calant plus de 3 mètres osaient s'aventurer sur la barre. Un brise-lames enraciné sur la flèche de sable et se dirigeant au nord-est a eu pour résultat d'accroître la force d'érosion du reflux et d'abaisser en conséquence le seuil de 60 centimètres, tout en le rendant moins mobile lors des changements de l'air et du flot.
La ville bâtie sur les rives du Port Natal a été fondée en 1846 dans un fourré que parcouraient les éléphants. C'était le Pampoen Kraal des Boers, nom que des Afrikanders « exaspérés » se proposaient de lui rendre un jour; en attendant, on l'appelle Durban (d'Urban), en l'honneur d'un gouverneur du Cap. Elle se compose en réalité de deux villes distinctes, unies par un chemin de fer : le quartier marin, Port-Natal, avec ses appontements, ses magasins, ses entrepôts; et le quartier bourgeois, Durban, sur la colline, avec ses larges rues plantées d'arbres, ses magnifiques jardins à végétation tropicale, bana-
V Afrique Australe. chapitre
niers, bambous, figuiers multipliants. La plupart des riches marchands résident à l'ouest de la ville sur la colline boisée de Berea, parsemée de maisons de campagne d'où Ton contemple le beau spectacle de la baie, de ses îlots et de ses rivages. C'est à Congella, bourgade voisine, que les premiers trekkers hollandais avaient établi leur campement.
Peuplée, banlieue comprise, d'une quarantaine de mille hommes en 1898 (contre un peu plus de 25 000 en 1891), Durban est, en sa petitesse, une ville cosmopolite, avec Anglais, Allemands, Hollandais, créoles français, Hindous, Arabes, Chinois, Zoulou, etc. Ce sont les Hindous qui fournissent le marché aux poissons, les Hindous également qui approvisionnent de fruits, de légumes la ville, à laquelle un aqueduc de 13 kilomètres verse journellement 1 100 000 litres de bonne eau.
Donc, première cité du Natal pour la population (bien avant la capitale administrative et gouvernementale), Durban en est aussi le principal et en réalité le seul marché, grâce à la bonté relative de son port, à ses chemins de fer, aux champs de cannes à sucre de sa banlieue autour d'Isipingo et de Verulam, à sa qualité de lieu favorable aux transactions de TOverberg ou de « rOutre-Montagne », c'est-à-dire des républiques du plateau, avec les pays transatlantiques. Grâce à cet Overberg, elle fait même un commerce supérieur à tout le commerce réel de la Natalie, mais le chemin de fer de Pretoria à Lourenço Marques a détourné, comme cela devait être, de Durban vers le port lusitanien, une très notable part des échanges du Transvaal. C'est avec l'Angleterre que Port-Natal fait le plus d'affaires; vient ensuite l'Australie, qui lui envoie des farines; la colonie du Cap, bien que fort rapprochée, a moins de relations avec la Natalie que llnde, les États-Unis et le Brésil.
Sur le chemin de fer de Durban à la Tugela et au pays des Zoulou, on rencontre Verulam, la « sucrière », fondée par les wesleyens, et Stanger, établie par les Norvégiens. Sur la route de Durban à Pietermaritzburg, la seule bourgade qui tende au nom de ville est Pinetown, centre de la population germanique de la Natalie; une mission du voisinage porte le nom de Neu-Deutschland, et près de là des trappistes autrichiens ont fondé l'établissement agricole de Marianhill.
Pietermaritzburg, ou plus brièvement Maritzburg, capitale de la Natalie, est fort agréablement située, à 625 mètres d'altitude, dans une plaine qu'arrose un affluent méridional de rUm-Geni et qu'entourent de toutes parts des collines au profil gracieux. C'est une des villes les plus propres, les plus agréables de l'Afrique; la végétation des bosquets y est plutôt
SIXIÈME Natal OH Natalie.
celle de TEurope tempérée que celle des régions tropicales.
Moins peuplée que Durban (25 500 habitants en 1898 contre
17 oOO en 1891), elle a l'avantage d'être bien plus européenne,