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CHAMPS DE BATAILLE AUTOUR DE LADTSMITH EN

EstdeGreenwich

D'après le 'IVar 0/Jïc6„ et autres.

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Date (A) \/ictoire anglaise.

Boers. " (B) " boer,

^ Bataille

h'Afrique Australe. chapitre

Le pays des Zoulou se divise en deux régions distinctes, la région littorale, la région montagneuse.

La région littorale est plate; fort étroite au sud, elle gagne en largeur à mesure qu'on se rapproche, au nord, des frontières du pays portugais de Gaza; le climat y est chaud-humide, et pas trop favorable aux Blancs qui y contractent aisément les fièvres d'accès dans la saison d'été, soit d'octobre en avril, quand les pluies tombent sur la contrée. L'acacia et nombre de plantes épineuses y sont les arbres les plus communs; l'homme y est assez rare, mais les animaux sauvages y sont encore très nombreux; on en voit passer constamment, en grandes bandes, et des lions se montrent çà et là.

La région montagneuse commence, en venant de la mer des Indes, par un escarpement continuant au sud la chaîne des Lebombo, suite de hauteurs porphyriques qui, en arrière de la baie Delagoa et au loin vers le nord, sépare nettement le pays de Gaza (à l'est) du Transvaal (à l'ouest). Puis, derrière cet escarpement, des groupes de montagnes s'élèvent, qui ne paraissent pas se distribuer en chaînes régulières, mais bombent à l'aventure, et parmi lesquelles on remarque, ainsi qu'en toute l'Afrique australe, un certain nombre de monts à table à talus raides ou perpendiculaires, forteresses naturelles dont n'ont pas manqué de profiter les Zoulou dans leurs guerres civiles ou nationales. Les fleuves côtiers et les tributaires de ces fleuves, tous torrents à bonds soudains et rapides continuels, divisent naturellement ces massifs en divers sous-massifs. Sauf dans le bas des vallées avant le débouché des fleuves sur la plaine, le pays est sain, et d'autant plus l'est-il à mesure qu'il s'élève et que, de ressaut en ressaut, il va s'ajuster au haut plateau transvaalien. Les herbages y sont excellents et comme faits pour le pâturage hivernal des troupeaux des Boers. En somme, c'est une belle et bonne contrée, parfaitement adaptée à la colonisation blanche, qui, sans nul doute, ne tardera pas à s'en emparer en tout ou en partie.

L'histoire du pays des Zoulou s'accorde exactement avec celle des autres régions de l'Afrique australe : guerre civile continue entre les roitelets et capitaines indigènes; arrivée presque simultanée des Boers et des Anglais; levée de boucliers des pasteurs noirs contre les pasteurs hollandais; intervention des Anglais ; confiscation du pays au profit de l'Angleterre.

A maintes reprises les Blancs et les Cafres conclurent ici

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des traités de paix et « d'éternelle amitié », mais ces conventions n'empêchaient pas qu'entre blancs et noirs l'état d'hostilité ne fût constant: parfois guerre ouverte, ou bien incursions passagères à main armée, d'ordinaire simples vols de terre et de bétail. Peu à peu le territoire des Zoulou se rapetissait. Descendant de leurs plateaux, les Boers prenaient pâturage après pâturage; une « Nouvelle République » hollandaise se constituait, destinée à devenir bientôt une province maritime du Transvaal. Pour empêcher les Hollandais d'étendre leur domaine politique jusqu'à la mer et de s'affranchir ainsi de l'état de dépendance commerciale dans lequel ils se trouvaient à l'égard des Anglais du Cap et du Natal, le gouvernement britannique se hâta de faire main basse sur le territoire des Zoulou du littoral. De la bouche de la Tugela à la rivière Maputa, qui se jette dans la baie de Lourenço Marques, toute la zone côtière appartient désormais à la Grande- Bretagne, mais les hauts versants maritimes des montagnes bordières sont devenus partie intégrante de la république Sud-Africaine, et le pays des trois peuples cafres, Zoulou, Tonga, Souazi, a cessé de vivre de sa vie nationale. Les Souazi dépendent maintenant du Transvaal; les Zoulou et les Tonga, de la Natalie, qui se trouve ainsi accrue de plus de 21 000 kilomètres carrés et de peut-être 200 000 âmes : 16.3 000 d'après une estimation de 1895; plus 837 blancs, dont moitié de Boers.

C'est en 1879 que les Zoulou, tout au long les Ama-Zoulou, osèrent se mesurer avec les Anglais. Malgré l'infériorité de la discipline et de l'armement, ils furent vainqueurs en quelques rencontres, notamment à Isandhlouana, lieu situé près de la rive gauche de la Buffalo-river, à l'est de son confluent avec la Bloed-river ou « rivière du Sang ». En cet endroit se trouve un gué, Rorke's Drift, fréquemment disputé comme l'un des points les plus stratégiques de la contrée. Les Anglais, qui s'en étaient emparés, avaient gagné les terrasses orientales de la vallée, lorsque leur avant-garde surprise dut battre précipitamment en retraite. Quelques-uns des leurs restaient dans la brousse, percés de sagaies, entre autres l'héritier des Napoléon. Mais les premiers échecs d'avant-garde furent bientôt réparés, et l'armée des Zoulou succomba sur les bords de la rivière Um-Folosi, précisément à l'endroit où, d'après la tradition, était née, à une époque immémoriale, la famille de Zoulou, le fondateur de la tribu. Devenus les maîtres, les Anglais divisèrent le pays en treize chefferies « protégées », puis procédèrent à un nouveau remaniement après que les divers i)etits États se furent épuisés dans les guerres civiles.

L'Afrique Australe. chapitre

Les Zoulou sont beaucoup moins nombreux dans le pays où ils étaient naguère indépendants que dans la colonie du Natal, où ils sont tenus sous une stricte surveillance, mais où ils peuvent largement gagner leur vie par le travail. On ne les évalue guère qu'à cent ou cent cinquante mille dans le pays limité au sud par la Tugela : il est vrai que des guerres de succession, après lesquelles est venue l'invasion étrangère, ont longtemps ensanglanté le territoire et fait le vide en des provinces entières.

Les Ama-Zoulou ou « Gens de Zoulou », c'est-à-dire du « Céleste », n'ont point un type distinct parmi les autres Cafres du versant oriental de l'Afrique.

Ce peuple, devenu puissant par la guerre au commencement du siècle, lors des conquêtes de Tchaka, se compose en réalité de toutes les tribus qui ont été successivement « mangées ». Les peuplades que dévorait le « Grand Lion » n'étaient pas complètement exterminées; d'ordinaire il épargnait les femmes et les enfants, qui appartenaient aussitôt à la nation conquérante; quant aux jeunes hommes, on les enrôlait dans larmée.

Tchaka avait interdit le mariage à ses guerriers; seuls les vétérans pouvaient prendre femme, et même plus d'une : autant quïls avaient massacré de combattants. Pour soustraire les soldats à tout sentiment d'affection qui eût pu les amollir dans leur œuvre de destruction féroce, il avait ordonné le massacre des nouveau-nés; lui-même, prêchant d'exemple, ne célébra pas d'épousailles suivant les anciennes coutumes et fît mettre à mort tous ses enfants dès leur naissance; comme roi, il voyait en chaque fils qui lui naissait un ennemi futur à combattre et préférait le détruire d'avance.

Ce maître atroce, dressant sa nation comme une machine de guerre, avait sacrifié tous les autres intérêts de l'État à la furie des conquêtes. Sa capitale n'était qu'un camp, et d'autres camps étaient distribués sur tout le territoire. Dans les villages qui entouraient les kraal des guerriers, les femmes et les esclaves emmagasinaient les approvisionnements de l'armée, nourrie exclusivement de la chair des animaux; le lait, aliment des pacifiques, leur était interdit.

Les Zoulou, redoutables surtout par leur manière de combattre, avaient abandonné le javelot, qu'on lance de loin, et pris pour arme le court épieu, avec lequel on frappe l'ennemi de près. Les bandes de soldats ne se ruaient plus en désordre à la bataille : disposées en « front de bœuf », les troupes enveloppaient lentement leurs adversaires, les attaquant d'abord par une corne, puis par l'autre, et les rejetant peu à peu sur

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le corps central, qui procédait au massacre final. Après la victoire, il s'agissait surtout de capturer le bétail, que les pasteurs avaient éloigné du lieu de la bataille; mais les Zoulou exerçaient leurs bœufs à de soudaines retraites en ordre discipliné.

L'organisation purement militaire de la nation devait fatalement amener sa ruine. Fondé par la guerre, l'empire s'écroula par la guerre; né en quelques années, il périt en très peu de temps. En 1810, les Zoulou étaient presque moins que rien, à peine 2 000 hommes et, dit le missionnaire Grandjean, « une tribu insignifiante de marchands de tabac, soumise à une autre tribu, celle des Oumtétana ; dix ans plus tard, ils levaient déjà 100 000 guerriers, et à partir de 1820, leurs dévastations eurent leur contre coup dans toute l'Afrique australe, jusqu'au Zambeze, et même jusqu'aux confins de l'Afrique équatoriale, sur les deux rives des lacs Nyassa et Tanganyika ». Tout cela, l'œuvre d'un seul homme : ou de deux, car Tchaka continua ce qu'avait commencé Dinghisouayo, chef de tribu qui avait habité la colonie du Cap et en était revenu avec deux chevaux, animaux alors inconnus des Zoulou, et avec des idées de derrière la tête sur la stratégie, la discipline, les armées permanentes. Quand Tchaka fut tué par Dingaan, son frère, en 1828, il avait en dix ans consommé près d'un million de ses frères indigènes. Pour son malheur, Dingaan se heurta aux Boers, dont, comme on sait, il massacra d'abord quelques centaines; mais cette victoire était le commencement de la fin. Après s'être heurtés contre les enceintes de vagons où s'étaient retranchés les Boers, les Zoulou, ne pouvant plus tenter l'extermination des Blancs, s'acharnèrent les uns contre les autres en guerres frénétiques; puis, et ce fut le dernier fait du drame sanglant, Cetiwayo, neveu de Tchaka et de Dingaan, batailleur et cruel comme eux, entra en lutte avec les Anglais et fut vaincu (1879), non sans leur avoir infligé de cruelles déroutes, et tué, par exemple, un millier d'hommes blancs à Isandhlouana. Une terrible défaite, à Kamboula Kop, trancha enfin la tète de l'hydre zoulou.

Les Zoulou ne sont pas médiocrement fiers de ce passé de conquête, de batailles, d'extermination dans le seul but d'exterminer; passé funeste, puisqu'il a fait leur perte et les a rendus momentanément moins aptes que d'autres à continuer par le travail la lutte pour l'existence. Formés de tant d'éléments divers, les Zoulou n'avaient parmi les Cafres d'autre caractère distinctif que leurs mœurs guerrières, fruit de l'éducation reçue. Mais, fils d'hommes choisis, ils sont en général beaux, grands, adroits et forts, habiles à tous les exercices et se pré-

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L'Afrique Australe. chapitre

sentant avec dignité; tout costume leur va bien, tant ils ont de grâce naturelle.

Ils sont d'ailleurs assez vains de leurs avantages physiques, ces Cafres, et ils cherchent à les rehausser en drapant élégamment leur toge, en s'ornant les bras, les jambes, la poitrine, d'anneaux et de perles, en dressant sur leur tête des panaches et des bouquets.

Les hommes mariés ont l'habitude de se faire une espèce de couronne en gommant leurs cheveux ou en les mélangeant d'argile et d'ocre. Bienveillants et rieurs, ils semblent n'avoir point de rancune contre les Blancs, leurs vainqueurs; mais, quand ils ont été victimes d'une injustice personnelle, ils ne pardonnent jamais.

Jadis leurs principaux fétiches étaient la sagaie et le bouclier de guerre; les voyageurs de la génération précédente décrivent avec une sorte d'effroi les danses et les processions militaires, alors que les guerriers zoulou, ornés de cornes et de queues de bœuf, défilaient devant leur roi en chantant « la nouvelle de la sagaie ».

L'obligation de vivre désormais en paix profonde, sous la menace d'autres fétiches bien autrement puissants, qui sont le fusil et le canon des Blancs, modifiera sans nul doute leurs superstitions, et, quoique rebelles pour la plupart aux discours des missionnaires, ils cesseront bientôt de voir les âmes de leurs aïeux dans les serpents familiers qui habitent leurs demeures.

De même que les Zoulou de la Natalie proprement dite, ceux du territoire d'outre-Tugela deviennent agriculteurs en cessant d'être guerriers et les métiers de l'industrie commune, naguère presque inconnus chez eux, se développent. D'ailleurs leurs forgerons savaient depuis longtemps forger un fer plus résistant que le métal importé chez eux par les Anglais, et leurs joailliers fondaient le cuivre vendu par les Portugais de Lourenço Marques.

Au nord du pays des Zoulou, le pays des Tonga, plus exactement Ama-Tonga, prolonge la Natalie jusqu'aux frontières de l'Afrique portugaise.

30 000 ou 40 000 peut-être, on ne sait guère, sur quelque 5 000 kilomètres carrés, c'est une petite nation en une contrée de végétation pauvre, sur sol sablonneux. Le climat est insalubre au bord des lagunes littorales, notamment de cette baie de Santa Lucia qui faillit devenir partie intégrante de la « plus Grande Allemagne », grâce à l'initiative du négociant

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Lûderitz, acquéreur d'Angra-Pequena et fondateur du Liideritzland, aujourd'hui Deutsch Siid-West Afrika.

Ces Ama-Tonga, qui pèsent d'un si petit poids dans le nord de la Natalie, ont une importance fort considérable plus haut, dans la colonie portugaise, où sous différents noms, avec divers dialectes, et mêlés à d'autres peuplades, ils forment le gros de la population des côtes, et un peu de l'intérieur, jusqu'au fleuve Zambeze.

A l'ouest des Ama-Tonga, les Ama-Souazi relèvent presque tous du Transvaal.

Actuellement la population européenne est encore presque nulle dans le territoire des Zoulou, et d'ailleurs il est provisoirement interdit aux Blancs d'y acheter des terres, d'y établir des plantations.

Des missionnaires protestants, quelques pasteurs de bétail, des chercheurs d'or, deux ou trois marchands dans le voisinage de la côte, quelques familles de Boers autour de Melmoth, tout à côté des frontières du Transvaal, tels sont les seuls colons du Zululand.

Il n'y a donc encore d'autres constructions européennes que des fortins sur des points stratégiques, et un petit nombre de chapelles et d'écoles, noyaux autour desquels s'établiront un jour des villages et des villes.

Le centre naturel de la contrée des Zoulou, c'est la région où se rencontrent les deux Um-Folosi. Là se trouvait jadis le chef-lieu du royaume zoulou, Ounodouengo, auquel succéda Ouloundi, ville de plus d'un millier de huttes disposées en forme d'anneau fortifié autour d'une place de plusieurs kilomètres de circonférence où le bétail était parqué. Ouloundi a été détruite à son tour; il n'en reste qu'un kraal sans importance.

Les autres agglomérations urbaines des Zoulou, de même que celles des Ama-Souazi, sont également construites sur le modèle d'un parc à bestiaux.

La capitale présente, résidence du commissaire anglais, Eshowe, n'est encore qu'un village, à quelque distance dans l'intérieur, entre la mer des Indes et les fleuves Tugela et Um- Hlatoos.

Çà et là, quelques forts ou fortins : Fort Cradock, Fort Chelmsford, Fort Napoléon, Fort Curtis, Fort Argyle, Fort Evelin, Fort Albert, Fort Holland. 11 va sans dire que ces forteresses n'ont aucune prétention « scientifique », qu'aucune d'elles ne résisterait dix minutes à un bombardement « à l'euro-

L'Afrique Australe. chapitre sixième

péenne » ; qu'on les a élevées, aux lieux plus ou moins dominants, pour résister à quelques soudaines entreprises des Cafres, et non pas à quelque attaque savante d'un corps d'armée ayant un état-major et des canons. Port-Durnford, à l'est d'EslîOwe, n"a guère d'un port que le nom; c'est purement et simplement une rade ouverte. De même en est-il des autres soi-disant ports de cette côte où il n'y a nulle part de refuge sûr pour les grands navires.

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