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DÉPENSES EN FRANCS

(nombres ronds)

La différence extraordinaire entre les deux années 1807 et 1898, recettes presque doubles, dépenses plus que doublées,

L'Afrique Australe. chapitre

provient de l'achat des chemins de fer, devenus propriété de lÉtat, et de l'annexion des dits chemins de fer au budget du revenu. Ceux-ci ont été acquis de diverses compagnies au moyen d'un emprunt de 43 730 000 francs, qui se sont ajoutés au million, chiffre à peu près juste, qui constituait alors la dette de l'État. La dette totale n'atteint donc pas 45 millions et le gouvernement possède les voies ferrées, ce qui reste des terres nationales, les télégraphes, les édifices publics, etc., et 1 750 000 francs à la banque nationale. Il n'est donc pas obéré, il est même riche, ou plutôt il 1 "était : depuis la guerre il est à vau-l'eau.

La seule ville qui mérite vraiment le nom de IV cité, et encore bien juste, c'est la capitale, Bloem-

viLLES fontein, autrement dit, en français : la Fontaine ou des fleurs. On estimait ses habitants à 12 000 au

BOURGADES commencement de la guerre, contre 5 817 en 1892, dont 3 115 Blancs et 2 702 Noirs. Elle a son site à 1 370 mètres d'altitude, dans une plaine dénudée, au bord d'un tributaire gauche de la Modder ou « Rivière de la Boue », ellemême affluent gauche du Vaal. Ce Vaal, en saison sèche, n'est que l'ombre de lui-même. Cette Modder a droit à peine au titre de ruisseau en temps caniculaire, tandis qu'après les grandes pluies c'est « un Mississipi roulant des pi-ocessions d'arbres entre berges de vase glissante et noire » ; et le ru de Bloemfontein est presque toujours vide. D'une petite colline qui domine cette « métropole » à Test, la ville se présente fort bien avec ses rues régulières bordées de maisons noires et blanches; près de la résidence des Blancs se groupent les maisonnettes plus modestes du village de Wray-Hook, oîi tous les indigènes de Bloemfontein sont tenus de passer la nuit. Un grand édifice de style grec, orgueil de la capitale, réunit le Volks-raad ou « Chambre des députés », le Raad-zaal ou « Conseil d'État» et le palais présidentiel. Siège de la vie politique du Vrij Staat, en même temps centre social, centre commercial, centre d'éducation, la ville se recommande surtout par l'admirable salubrité de son climat, très conseillé aux phtisiques; l'on y vient se guérir de maints lieux du Cap, et même de l'Europe.

A l'orient de Bloemfontein se trouvait un petit territoire indigène, naguère indépendant, enclavé dans la république hollandaise, comme celle-ci est elle-même enclavée dans les autres États sud-africains : c'est le pays des Ba-Rolong. Quinze mille d'entre eux vivaient pacifiquement sur ce territoire et près de sept mille se groupaient dans l'enceinte d'une seule ville, dite Thaba-Nchou ou « Coteau Noir », de la colline dont elle occupe la cime et le versant. Une décision du Volks-raad de

SEPTIÈME République d'Orange.

Bloemfontein mit un terme en 1884 à l'autonomie de la petite république indigène, et des centaines de Ba-Rolong, irrités du manque de foi des Blancs, abandonnèrent leur pays pour

CHAMPS DE BATAILLE DE l'ORANGE EN 1900.

Est de Greenwich

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->• Marche des Anglais. Date (A) victoire anglaise.

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aller demander asile à leurs voisins orientaux, naguère leurs ennemis, les Ba-Souto. Thaba-Nchou a donc cessé d'être l'agglomération urbaine la plus considérable de tout le territoire non britannique compris entre le Vaal et l'Orange. Du reste, même avec tous ses Ba-Rolong d'autrefois, elle serait mainte-

L'Afrique Australe. chapitre septième

nant dépassée par Bloemfontein. Elle a été vaillamment défendue par les Boers en 1900.

Les divers chefs-lieux de province de la république ne sont pour la plupart que de modestes villages, de simples lieux de marché. Ladybrand, au nord-est de Thaba-Nchou, a de l'importance comme centre de la province la plus fertile de l'Etat libre, aux deux rives du Caledon. Wepener est un bourg commerçant, sur ce même Caledon. Smithfield et Rouxville sont de modestes entrepôts agricoles. Béthulie avoisine l'Orange, un peu en aval de la rencontre du Caledon : un beau pont y franchit le fleuve, de l'État libre à la colonie du Cap. Philippolis est peu éloignée du fleuve; elle correspond activement avec Colesberg, ville de la colonie « mère ». Fauresmith est à une soixantaine de kilomètres de l'Orange, sur un de ces plateaux « où l'âme est oppressée par le vide du paysage africain, par les éternelles grandes cimes chauves de couleur chocolat» ; le peu qu'elle a d'importance lui vient des gisements de diamants de Jagersfontein, à l'est-sud-est desquels Boomplaats fut, en 1848, le lieu d'une défaite des Boers de l'État libre.

A peu près vei^s le centre de la république, Winburg est un entrepôt agricole sur la route de terre de Bloemfontein à Kronstad ou Kroonstad. Celle-ci, station de la ligne de Bloemfontein à Pretoria, remplaça un moment la capitale de l'État libre quand les Anglais y furent entrés, et l'on croyait que les Boers la défendraient à outrance; mais, menacés d'être cernés, ils l'abandonnèrent à son malheureux sort.

Dans la région orientale, Bethlehem centralise les produits d'une région relativement inche, et Harrismith est une des « portes » de la république sur la Natalie par le col de Van Reenen et le chemin de fer de Durban.

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