I.Ichahoe Liideritz.B.^ 1 Possession
Est de Greenwich
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500 Kil.
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beaucoup en grosseur; chez les Nama-Koua et les Bastaards de Rehoboth la chèvre est le double de ce qu'elle est chez les Herero. A cette chèvre, à ce mouton, les colons viennent d'ajouter le mérinos et la chèvre à longs poils ou chèvre Angora. Le cheval, rare encore, et sujet à la terrible épidémie, dite « mort des chevaux », est de la race du Cap, laquelle n'est ni bien grande, ni bien belle, mais a beaucoup de muscle et une grande endurance; rares aussi le mulet et Fane, qui seront précieux par ici, car ils ne contractent guère la maladie des chevaux. Un modeste essai d'élevage du chameau n'a pas réussi, mais il semble que cet animal est comme fait pour le Namib et les vastes steppes de la majeure partie de la contrée. Rehbock admet, par comparaison du Protectorat allemand et de l'État libre d'Orange, qu'il y a place dans la colonie pour 15 millions de moutons, 2 millions de bœufs, 500 000 chevaux. On est encore terriblement loin de ces nombres possibles, car si la tsétsé est inconnue ici, la peste bovine y fait de temps en temps des ravages extraordinaires ; peut-être y a-t-ilau plus 3 millions de moutons et chèvres, 350 000 bœufs. Le pays des Nama vaut mieux pour l'élève que celui des Dama-Ra, en ce sens que les acacias et autres arbustes épineux n'y endommagent pas la laine des brebis ainsi qu'ils ne manquent pas de le faire chez les Herero.
Cultures tropicales riches dans le nord et le nord-est, dans la portion torride du pays; jardinage dans les vallées audessous des bassins de retenue; pâturage sur les montagnes; la vigne peut-être, si toutefois on arrive à la préserver du coulage : le très peu, le trop peu de pluies qui visitent le Lûderitz-Land tombe justement en été quand la grappe se forme, et la grappe coule, c'est-à-dire, les grains, encore minuscules, tombent. A ces vraies « mamelles » de l'Afrique sud-occidentale allemande, les possesseurs et colons de la contrée préféreraient évidemment les mines d'or, les fonds de diamants, comme à Johannesburg et à Kimberley. Les trésors de Crésus acquis en quelques mois, en quelques jours, en une heure, valent cent fois, pensent ils, la médiocrité qu'on qualifie de dorée. Malheureusement l'on n'y a pas encore découvert un Witwatersrand ou un de Béer; on a trouvé des « traces » plutôt que des réalités palpables; on est tombé sur de beaux gîtes de cuivre dans le pays des Nama, des gîtes de plomb, des veines d'argent, et nulle part encore de fortune des Mille et une Nuits. Ce n'est pas à dire qu'il n'y en a pas, mais il faut attendre : fouiller la contrée méthodiquement ne sera possible que quand les routes l'auront faite accessible jusqu'en ses recoins. Et c'est à quoi l'on s'applique; le réseau des routes et
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chemins s'établit. Mieux encore : le chemin de fer de Windhoek à Tsoakhoabmund, le long des gorges du Tsoakhoab, s'approche de son achèvement; sur les 381 kilomètres de son parcours 180 sont livrés. Ce n'est pas une ligne à grandes prétentions; elle n'a que GO centimètres d'écartement de rails; son tracé la fait passer à côté de gisements métalliques et de fort belles carrières de marbre. A son arrivée au bord de la mer, on crée sur la plage de Tsoakhoabmund un port tout artificiel qu'on s'occupe de pourvoir d'eau potable, sur un littoral sans sources et sans rivières.
L'Allemagne a délégué certains pouvoirs à des Compagnies qui l'aideront dans la prise de possession du sol par les mines et carrières, la culture, l'élevage, la construction des routes, les relations commerciales et autres entre les blancs, les cuivrés et les jaunes.
Ces Compagnies, soit allemandes, soit anglaises sous toutes réserves des droits de l'Allemagne, sont plus nombreuses qu'actives jusqu'à ce jour, tout au moins en ce qui concerne la colonisation des pays des Nama, des Dama-Ra, des Ova-Mbo; elles visent au gain particulier plutôt qu'au bien général. Cependant la « Société de colonisation de l'Afrique allemande du Sud-Ouest » s'occupe de l'installation d'immigrants nationaux à Windhoek; tandis que la « Société hanséatique » n'en installe point : elle possède des mines autour de Rehoboth et elle trafique. Ainsi font aussi la « Compagnie des terres et des mines du Kaoko » et la « Compagnie de Dama-Ra et de Namakoua » ; elles commercent plus qu'elles n'exploitent le sous-sol et jusqu'à présent elles ne s'occupent point du sol. C'est que l'établissement des Allemands dans le Protectorat ne peut qu'être lent et difficile, sur de petits territoires fragmentés; il ne comporte aucune grande spéculation à la moderne, avec fabuleux dividendes. La « Compagnie des territoires de l'Afrique du Sud » est anglaise; elle a des mines dans son rayon d'action et prétend les relier à la côte par le chemin de fer de Keetmanshoop à AngraPequeùa; la « Société des territoires Anglo-Allemands », également anglaise, a sa concession à la rive septentrionale du fleuve Orange; la « Compagnie de l'Afrique du Sud-Ouest », atiglaise aussi, se propose d'unir Tsoakhoabmund à ses mines de cuivre et de plomb dOtavi; enfin la « Compagnie anglaise des guanos du Damaraland » paie 12o00 francs par an au Protectorat pour l'exploitation des déjections d'oiseaux des îles qu'on estime valoir de 3o à 40 millions de francs.
L'Allemagne, considérant à juste titre cette colonie comme un pays de peuplement, a pris quelques mesures pour y attirer
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des colons; elle a institué un fonds pour prêts de 3 000 à 4000 marks (3 730 à 5 000 francs), remboursables sans intérêt, aux familles d'agriculteurs décidées à se fixer dans les limites du Protectorat; des jeunes filles seront envoyées d'Allemagne pour y fonder des familles allemandes.
Le Protectorat ne tire encore de son propre fonds que de très maigres revenus : ainsi, aux recettes provenues du pays lui-même, le budget de 1899 ne comprend que 712 300 francs. La subvention * impériale », c'est-à-dire métropolitaine, ajoute à la caisse « protégeante », 8 636 250 francs; et le subside de 1900 est fixé à 8 976 723 francs. L'Afrique allemande du Sud- Ouest, encore en état de formation, ne vit donc guère que des secours de l'Allemagne.
Le commerce de la colonie dans l'année 1898-1899 a consisté en 7 233 351 francs à l'importation et 1 147 730 à l'exportation. L'importation a pour principaux objets les denrées alimentaires, les fers et les machines, les tissus; l'exportation comprend avant tout le guano des îlots de la côte et les plumes d'autruche. A ce double trafic la métropole prend part pour les sept dixièmes.
Pas encore une seule vraie ville dans la Deutsch Sûdwest Afrika; pas un seul port fréquenté non plus, ni au nord, ni au sud de Walfish Bay, qui appartient à l'Angleterre. Près de l'extrémité septentrionale du territoire, au nord de la pointe sablonneuse du Cabo Frio ou « Cap Froid », l'Angra Fria ou la « Baie Froide » n'est qu'une petite crique n'offrant aucun abri contre la houle et les vents ordinaires, qui soufllent du sudouest. A 200 kilomètres plus loin les récifs coralligènesd'Ogden s'ouvrent pour former un beau port tranquille, vaste réservoir oîi les poissons se jouent par myriades ; mais la côte voisine est déserte et ce havre reste vide d'embarcations.
Entre le port encore inutile d'Ogdcn et l'embouchure de rOmaruru, à un peu plus de 100 kilomètres au nord-nord-ouest de Tsoakhoabmund, à Kreuzbucht ou Cross Bay, à côté du cap Cross, il y a une centaine de Blancs installés à Kreuz Huk, le Kreuz Hoek des Boers. Devant la mer, dont ici le ressac est terrible, se dresse une croix de marbre remplaçant le padrâo élevé en i486 par les Portugais.
Au nord et pas bien loin de l'excellent port naturel anglais de Walfish Bay, les Allemands sont en train d'achever leur port deTsaokhoabmund, autrement dit « Bouche du Tsaokhoab » ; il peut y avoir là, dans l'instant présent, deux ou trois cents habitants de race blanche, en communications avec Hambourg par un service de navigation régulière. De là part le chemin de fer
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de Windhoek, le long du lit du Tsoakhoab, où il n'y a pas d'eau visible, mais de l'eau cachée, des herbes et quelques broussailles ; et l'on a projeté une autre ligne ferrée vers le nord-est, entre ce même Tsoakhoabmund et les lointaines mines de cuivre d'Otavi, par delà les monts des Dama-Ra.
Au midi du territoire anglais de la baie de la Baleine, l'Allemagne avait de bien meilleurs éléments d'un port, mais l'embouchure du Tsoakhoab était forcément indiquée comme première ou dernière gare de la voie ferrée menant à la capitale du pays par les gorges de ce fleuve. Elle avait à sa disposition la Porto do Ilheo, le Sandwich-harbour des cartes anglaises. Cette crique, moins vaste que la baie de la Baleine et menacée d'ensablement, a l'avantage d'être protégée contre tous les vents et de posséder de l'eau douce dans les sables riverains; tandis que des navires doivent l'apporter du Cap dans la Walfish Bay, située à 56 kilomètres de la fontaine la plus rapprochée, il suffit ici de creuser le sable à une faible profondeur pour trouver l'eau en surabondance. Un petit village de Hottentots, Anichab, groupe ses huttes au bord de la crique.
Le port du district méridional, Angra Pequena — en portugais la « Petite Baie » — , est celui dont l'acquisition par le traitant Liïderitz décida l'Allemagne à prendre possession de toute la contrée de plus de 800 000 kilomètres carrés entre le Cunene et l'Orange. En dépit de son nom, ce n'est point une petite échancrure du littoral, car elle se prolonge, en se ramifiant à droite et à gauche, jusqu'à plus de 8 kilomètres au sud de l'entrée. Elle peut donner accès aux plus grands navires, puisque sa passe a de 13 à 14 mètres; le mouillage y est excellent et la houle n'y pénètre à demi que sous l'impulsion des vents du nord. Ce qui manque au port d'Angra Pequena, comme à celui de Walfish, c'est une bonne aiguade, quoiqu'un prétendu cours d'eau, le ravin de <t Little Orange », débouche dans la baie; il faut aussi que les traitants soient pourvus d'eau douce par des bâtiments du Cap, en attendant que l'importance croissante du port permette de creuser des citernes sur la plage, afin de recueillir toute l'eau qui suinte des dunes. Jusqu'à maintenant Angra Pequena n'a pas encore justifié comme lieu de commerce les espérances de ses possesseurs : du bétail, des poissons, de la gomme, quelques minerais, tels sont à peu près les seuls objets d'exportation; les traitants allemands avaient même complètement abandonné ce comptoir en 1877.
Les précieuses îles à guano qui se trouvent dans le voisinage du port : Ichaboe, située à 1 200 mètres du littoral, au nord-
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ouest de l'entrée; Halifax, près de la péninsule qui limite le port à l'ouest; d'autres encore, l'île aux Pingouins, l'île aux Phoques, l'île Longue, l'île Possession, les îles Albatros, Pomone, Plumpudding, Rostbeef, etc., sont exploitées par des marchands anglais.
Ces roches nues où s'abattent par myriades, en octobre et en novembre, les pingouins, les cormorans et autres oiseaux, étaient revêtues jadis de plusieurs mètres de guano; des spéculateurs s'empressèrent de les racler jusqu'au roc, et vers le milieu du siècle elles étaient complètement nettoyées. Maintenant on a réglé les récoltes : pendant la saison du couvage, l'entrée des îles est interdite et les oiseaux en ont l'entière possession; puis des escouades de travailleurs viennent pour recueillir l'engrais; en 1898, l'exploitation des îles a donné la somme de 9G2 500 francs.
Dans ces parages des pécheurs poursuivent aussi les veaux marins, qui nagent en multitude autour des îlots et des récifs. Sur les plages de l'île Possession, située au sud d'Angra Pequena, dans la baie d'Elisabeth, le navigateur Morel trouva des carcasses de cétacés en quantités tellement prodigieuses, qu'il les évalua à plus d'un million : une trombe de sable, pensait-il, avait surpris l'immense troupeau, l'engloutissant d'un seul coup. On a parlé d'une voie de fer qui partirait d'Angra Pequena et se dirigerait à l'est, vers Bcthanien, Keetmanshoop et la frontière du pays des Be-Chuana à travers les montagnes des Nama-Koua.
Presque exactement à 100 kilomètres vers l'est, à Gubub, à une altitude considérable, on a installé un jardin d'essai et d'acclimatation pour les cultures qu'on suppose possibles et profitables dans le « pays de Liideritz ».
Dans l'intérieur il n'y avait encore avant l'établissement du protectorat que des hameaux, des campements temporaires, des stations de mission.
On citait principalement, comme de véritables capitales, dans la région du midi, chez les Nama-Koua : Warmbad sur un ouâdi qui se dirige lentement vers l'Orange; et Bethanien, à 170 kilomètres à l'est d'Angra Pequena, à près de 200 de la rive droite du bas Orange. Bethanien , que l'on considérait avant l'éclosion du Lûdcritz-Land comme la métropole de toute la région des Nama-Koua, ne comprenait pourtant alors que quatre maisons de briques, la mission, l'église, le « palais » du chef et le magasin d'un traitant. Son altitude est estimée à 1 020 mètres. Tout au sud-est du Protectorat, vis-à-vis de la colonie du Cap et à côté du territoire des Be-Chuana annexés, Stolzenfels, colonie agricole, arrose ses terres au moyen de
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canaux dérivés de l'Orange. Keetmanshoop, à 112 kilomètres à vol d'oiseau à l'est de Bethanien, a son site à 1 030 mètres, au bord d"un ruisseau qui coule une fois tous les dix ans en moyenne; heureusement qu'une bonne source y jaillit; c'est la plus « ville T> des villes du Protectorat, après Windhoek et Tsoakhoabmund. Gibeon, dans le nord du pays des Nama, à 1 130 mètres, avoisine le Gross Fischfluss, long affluent de l'Orange qui serpente entre de beaux rideaux d'arbres et qui a toujours, sinon de l'eau courante, au moins des chapelets de flaques d'eau.
Chez les Bastaards, Rehoboth, à 1 400 mètres au dessus des mers, possède une source thermale à o2 degrés.
Chez les Dama-Ra, la métropole de la colonie, Windhoek, à l'allemande Windhuk, c'est-à-dire « le Coin du Vent », a son site à 1 660 mètres au-dessus des mers.
Elle se nomme spécialement Gross Windhoek, par opposition à un Klein Windhoek ou Petit Windhoek du voisinage. Elle se développe normalement, au penchant d'une colline d'où sortent cinq ou six sources à la température de 78°, 2; son ruisseau est l'une des têtes du Tsaokhoab; des jardins l'entourent, d'où l'on voit monter dans le ciel les pics des Auas, hauts de 2 100 mètres. Dans cette même région du Tsoakhoab supérieur, les sources de Klein Barmen ont 61 degrés, celles de Gross Barmen 65.
Okahandja, à 1 3o0 mètres, se trouve à une soixantaine de kilomètres au nord de la capitale, sur un des torrents constitutifs du Tsoakhoab. Otjimbingue, à 1 loO mètres, au confluent du Tsoakhoab et de l'Omuzema, a commencé sa carrière de ville comme station des missions, et elle a déjà plus de 1000 résidents, parmi lesquels beaucoup d'Européens, principalement d'Allemands.
Omaruru, à 1 160 mètres, voit passer plus souvent l'eau courante dans le fleuve qui est son homonyme que n'importe quel autre bourg de la Deutsch Sùdwest Afrika; 1000 Herero y vivent, et c'est là qu'a longtemps habité le fameux chasseur Erickson.
Chez les Ova-Mbo, Otavi, dans la passagère Upingtonia des Boers, est à la veille d'exploiter ses mines de cuivre et de plomb; elle espère devenir l'une des gares princii^ales d'un chemin de fer qui partirait de la baie des Tigres, c'est-à-dire du rivage de l'Atlantique, en Angola, près de la fin du fleuve Cunene, et s'en irait au sud-est à travers l'Afrique allemande du Sud-Ouest et le pays des Be-Chuana, jusqu'à Johannesburg, elle-même déjà reliée à la mer des Indes.
Olukonda est voisine de la colonie portugaise de l'Angola;
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à 1 400 mètres au-dessus des Océans , elle a dans ses alentours une des régions les plus mouillées de pluie et les plus naturellement riches du Protectorat, avec un climat que la seule altitude empêche d'être tropical, car on est ici sous le 18"= degré de latitude méridionale, à plus de 600 kilomètres au nord du tropique du Capricorne.