‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 10 sur 539 · Cod. Just.y · texte numérisé non relu

Cod. Just.y

sa place un autre descendant de Genséric, Gélimer*. Tout aussitôt, la diplomatie byzantine entra en campagne, réclamant d*abord le rétablissement, puis tont au moins la mise en liberté du roi déchu ; et en véritable suzerain intervenant pour trancher les débats de ses vassaux, Justinien exigea qu'on remit entre ses mains Hildéric et ses fidèles": c 'était Thabituelle politique des empereurs d'Orient d'accueillir à Constantinople tous les prétendants aux royautés barbares, afin de se ménager, en soutenant leurs querelles, un perpétuel prétexte d'intrigues et de revendications.

Aussi bien de l'Afrique tout entière, on regardait vers Byzance : les partisans du roi vaincu intriguaient à Constantinople, sollicitant l'empereur de prendre en mains la cause du vassal dévoué qui comptait sur son amitié' ; la colonie des marchands orientaux, fort nombreuse à Carthage, suppliait Justinien d'intervenir par les armes* ; l'aristocratie catholique et romaine, que la faveur du roi déchu compromettait auprès du nouveau prince ^ souhaitait ardemment les secours de Tem' pire; et peut-être Hildéric lui-même et les parents qui partagaient son sort songeaient-ils à chercher un refuge à Byzance", tant le nom de l'empire romain avait gardé de gloire et de prestige parmi les barbares mêmes qui avaient consommé sa ruine. Gélimer ne s'y trompa point; il comprit que les concessions ne feraient que retarder de quelques mois le conflit inévitable : et refusant toute satisfaction, il répondit aux demandes de l'empereur par des confiscations, des exécutions, et un redoublement de rigueurs contre ses adversaires vaincus'. La lutte était ouverte : Justinien se décida à porter la guerre en Afrique.

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