Id., p. 351-352; Vict. Todd., anu. 333 (p
Il faut voir dans Procope Témoi, on pourrait dire la conslernation, que cette résolution jeta dans le conseil impériaP. Le souvenir d u grand désastre de 468 était encore présent à toutes les mémoires; et songeant à ce qu'avait coûté en argent et en hommes cette malheureuse expédition, les ministres des finances impériales supputaient avec inquiétude les dépenses qu'exigerait la campagne nouvelle. Les généraux s'eiïrayaient de celte guerre qu'il faudrait, par delà les mers, loin de toute base sérieuse d'opérations, conduire contre un ennemi jugé singulièrement redoutable ; et, résumant les anxiétés de tous, le préfet du prétoire Jean de Gappadoce énumérait, grossissait à plaisir' tous les dangers de cette expédition lointaine : la victoire incertaine, la défaite sûrement désastreuse, le profit nul en cas de succès, puisque l'Afrique conquise serait impossible à conserver, les périls formidables en cas de revers, puisque la rupture avec les Vandales attirerait sur l'empire les ravages tant redoutés des corsaires africains. Ajoutez que la guerre avec les Perses, terminée depuis quelques mois à peine, avait presque épuisé le trésor impérial, que les soldats, à peine revenus d'une pénible campagne, semblaient mal disposés à aller, sans un moment de répit, combattre à l'autre bout du monde^ inquiets surtout à la pensée des batailles navales qu'il faudrait livrer sans doute avant de débarquer^. Et devant tant d'oppositions conjurées, Justinien lui-même se prenait à douter du succès de l'entreprise. Pourtant les motifs religieux finirent par triompher des raisons politiques. II y avait à ce moment à Constantinople un grand nombre de proscrits africains victimes des persécutions vandales, une multitude d'évêques martyrisés pour leur foi, qui tous réclamaient vengeance^ : autour d'eux, toute la chrétienté orthodoxe sup-