‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 12 sur 539 · Bell. Vand., p · texte numérisé non relu

Bell. Vand., p

2. Ainsi Torateur affirmait qu'il faudrait une année pour recevoir à Constantinople des nouvelles d'Afrïque (Bell, Vand., p. 355).

4. /d., p. 345; Cod, Juêt., 1, 27, 1, 4, où l'on observe un accord remarquable avec les récits de Procope; Vict. Tonn., ann. 534 (p. i98).

pliait Tempereur de faire expier aux ariens les supplices des serviteurs du Christ*. Ces fougueuses instances, les mystiques promesses de victoire apportées au nom de Dieu même, les miracles dont la personne des martyrs semblait être Tobjet*, étaient bien faits pour émouvoir un souverain byzantin, toujours prêt à croire que la protection divine suffit à sauver les causes les plus désespérées. Sansdoute^ les informations précises que les évèques d'Afrique fournirent sur les dispositions des populations africaines, les espérances que donnèrent les fugitifs échappés du royaume, et surtout Tardent désir que Justinien avait formé d'intervenir ne furent pas étrangers non plus à la décision suprême : mais, à coup sûr, lorsque l'empereur se résolut à ordonner les préparatifs, on peut assurer que le prince avait pleinement raison contre ses conseillers.

Les circonstances en effet étaient singulièrement favorables. Le royaume vandale était bien déchu depuis les temps glorieux de Genséric. A aucun moment, la population germanique cantonnée dans l'Afrique du Nord ne paraît avoir été fort considérable ; mais au commencement du vi^' siècle, le nombre des conquérants semble avoir encore diminué. Sans discuter ici les chiffres donnés par Procope et dont quelques-uns sont^ visiblement empreints d'exagération*, on admettra aisément, à voir l'importance qu'attache Gélimer à un contingent de 5,000 hommes, et l'impossibilité où il se trouve de réprimer à la fois le soulèvement de la Sardaigne et celui de la Tripoli-

i. Bell. Vand., p. 356.

2. W., p. 345. Cf. Cod, Just,, I, 27, 1, 4, où les mâmes miracles sont rapportés.

3. Procope, BelL Vand,, p. 334, dit 80,000; à la p. 418, 150,000; dans VEistoire secrète (éd. Bonn, t. 111, p. 106) 80,000 tués. Cf. Texceilente discussion de PDuffk-Harltung, Belisar's Vandalenkrieg (UisL ZeiUchrift, t. LXl (1889), p. 10-72.

taîne, que Farmée vandale ne devait pas être fort nombreuse, et on ne se trompera guère en l*estimant à 30 ou 40,000 guerriers, ce qui représente une population totale de 200,000 personnes à peine *. Pourtant c'eût été là une force redoutable encore, si ces barbares avaient conservé intacles les qualités natives qu'ils apportaient au moment de Tinvasion; mais sur ces Germains sauvages le climat débilitant de TAfrique, la richesse du pays conquis, les jouissances trop avidement goûtées d'une civilisation infiniment raffinée avaient exercé bien vite une influence désastreuse. « De toutes les nations que je connais, dit Procope, celle des Vandales est la plus efféminée: du jour où ils ont occupé l'Afrique, ils ont pris l'habitude des bains journaliers et ont fourni leur table de tout ce que la terre et la mer offrent de plus délicat. Ils se sont couverts de bijoux d'or et de vêtements de soie; ils ont fait leurs délices du théâtre, de Thippodrome, des autres plaisirs de même sorte, et surtout de la chasse ; ils se sont complus aux danseurs et aux mimes, à la musique et aux spectacles, à tout ce qui peut charmer les yeux et les oreilles. Ils habitaient pour la plupart dans de magnifiques villas, toutes environnées d'arbres et d'eaux courantes; ils passaient le temps en grands festins et se passionnaient pour les plaisirs de l'amour V » A ce régime, les guerriers vandales avaient perdu bien vite leur vigueur et leur courage d'autrefois : on le verra bien dans la lutte suprême qu'ils soutiendront contre l'armée byzantine. Enfin, par surcroit de malheur^ dans ce peuple déjà diminué et affaibli, la révolution récente avait semé des divisions profondes. Parmi les Vandales mêmes, Hildéric gardait ses fidèles, et plusieurs d'entre eux aimèrent mieux passer au parti de l'empereur que servir un prince qu'ils tenaient pour usurpateur et tyran'.

Une autre cause de faiblesse de la domination vandale se

i. Pflugk-Harttung, /. c, p. 72.

2. Procope, Bell. Vand., p. 434^435. Cf. Anthologie, Ep. Vï, 59; UI, 33- 37. Luxorias, AntiioL, p. 591, 588.

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