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L'ARMÉE D'OCCUPATION KT L'ADMINISTRATION MILITAIRE 12i
On sait comment, depuis le commencement duiv^siècle, de graves changements s'étaient introduits dans la composition des armées romaines, a Dorénavant, dit M. Gagnât, dans toutes les provinces, les troupes d'occupation se composèrent de deux groupes tout à fait distincts : d'un côté, l'armée sédentaire des confins, armée territoriale qui a la garde du limes en temps ordinaire, et qui fournit les contingents nécessaires à la garnison des forteresses ou des camps établis contre les ennemis du dehors ; de l'autre côté, Tarmée mobile disséminée dans l'intérieur du pays. Celle-ci comprend les milites pala^ tint et les milites comiiatertses: celle-là renferme les milites ripenses et les milites limitanei. Toutes deux sont employées d'ailleurs différemment à la défense de la frontière; l'armée sédentaire d'une façon permanente ; Tarmée mobile par intervalles et dans les cas pressants... La victoire une fois remportée, l'armée mobile se replie, abandonnant de nouveau aux garnisons du limes le soin de couvrir le pays qu'elle les a aidées à reconquérir ou à conserver. M. Mommsen considère très justement l'armée mobile et surtout les comitatenses qui tiennent garnison dans chaque province, comme la réserve de l'armée sédentaire de la frontière *. »
C'est d'après ces règles nouvelles que le corps d'occupation d'Afrique avait été, comme partout, organisé durant le iv* et le V® siècle, « les troupes de la frontière étant réparties entre différentes marches militaires, les autres étant disséminées dans le pays*. » C'est d'après les mêmes principes qu'au vi* siècle Justinien reconstitua l'armée africaine : le rescrit de 534 nomme en termes exprès, d'une part, les comitatenses^ souvent désignés aussi par le terme de milites^, et, d'autre part, les limitanety cantonnés dans les castra et les villes du limes. Il reste avoir commentées deux groupes bien distincts étaient com-