Gagnât, L c, p
3. Cod. Just.y I, 27, 2, 8, 13. Cf. Mommsen, Das rômische Militœrwesen aeit Diocletian (Hermet, t. XXIV), p. 199.
mandés et organisés, de quels éléments divers ils se composaient, quel rôle enfin leur était assigné dans la défense de la province.
Le commandement en chef de l'armée d'Afrique — et par là il faut eniendreles comitatenses aussibien que leslimùanei — appartenait à un officier général qui, de bonne heure, parait avoir reçu le titre de magister militum Africae^ . C'était un personnage fort considérable^ généralement revêtu de la haute dignité de patrice, décoré de Tépithëte de gloriosissimtis, et qui tenait dans la hiérarchie militaire la même place que le préfet occupait dans l'administration civile*. Sa résidence était à Carthage. Il avait la direction suprême de toutes les opérations de guerre, et tout ce qui concernait la défense de la province rentrait dans ses attributions'. Il était le chef de l'armée mobile, et le supérieur hiérarchique des ducs chargés de la garde du limes : et son autorité fut d'autant plus grande que, dans les premières années de l'Afrique byzantine, plusieurs fois cette haute charge fut confiée à des personnages apparentés à la famille impériale. Souvent aussi, on l'a vu, le magister mt/i/wm joignit à ses fonctions militaires le litre de préfet du prétoire ; on conçoit dès lors quelle fut Timportance d'un Solomon, d'un Germanos,d'un Aréobinde : en fait, ils furent en Afrique de véritables vice-rois.
La situation du magister militumAfricae était d'autant plus considérable qu'il entretenait autour de lui une nombreuse maison militaire. Dans les armées byzantines du vi* siècle,
1. Cod. JusL, 1, 27, 2, 17, 35 ; C. /. L., VIU, 101, 102, 4799, 1863, 4677; Vict. ToDD., p. 201 (ann. 543). Le terme grec est orpaTQyic (Bell Vand,<t p. 507, 513, 518, 533).
2. C. y. L., VIII, 1863, 4799, 5352; Vict. Tona., p. 201 (aDD. 543), 205 (anD. 560), 201 (ann. 546).
3. Dus belli (MarceU. com., p. 106); princeps Romanae militiae (Vict Tonn., p. 201); Afticanae dax mUitiae (tV^,, p. 205).
c'était un usage constant que tout officier général eût à son service un certain nombre d'hommes d'armes, liés à sa personne par un serment de fidélité^ combattant à ses côtés dans la bataille, et qui recevaient de lui^ à ce qu'il semble^ leur subsistance et leurs appointements*. Le chiffre de ces gardes variait selon l'importance du personnage auquel ils étaient attachés; mais il n'était point rare que, pour les grands chefs, il atteignît plusieurs milliers d'hommes. Naturellement les gouverneurs militaires de l'Afrique byzantine entretenaient auprès d'eux des troupes de cette sorte : les textes signalent près de Solomon, de Germanos^ de JeanTroglita, des Sopu(p6pdt et des oiraoïuioraC formant la maison (o!x(a) de ces généraux *. Mais ce n'étaient point là, comme on pourrait le croire tout d'abord, de simples gardes du corps : si les hypaspistes, qui formaient la partie la plus nombreuse, n'étaient en réalité guère autre chose, les doryphores, souvent de naissance assez haute, jouaient près du magister militum un rôle beaucoup plus important '. Fréquemment ils faisaient fonction d'ofiiciers^, et étaient mis à la tète d'un détachement plus ou moins considérable ; souvent le général leur donnait des missions de confiance, telle qu'une reconnaissance importante, une poursuite de conséquence, un dangereux service d'avant-garde; d'autres tenaient auprès de lui la place d'officiers d'ordonnance, transmettant ses ordres, portant son fanion de commandement' : bref, ils formaient près du général une sorte d'état-major, d'ordinaire très dévoué, et qui permettait de faire efficacement sentir à travers toute l'armée la volonté du chef. C'est pour cela sans doute, et à raison des services publics qu'ils
1. Cf. MommBen, L c, 236-238; Benjamin, De Jusliniani aetate quaestianes miiitaresj p. 25-27, 30-31; LécrÎTain, Les soldais privés au Bas Empire (Mél. de Rome, t. X, p. 267-283). Sur le serment, Bell. Vand., p. 491.
2. Bell, Vand., p. 472, 491, 494, 505, 527, 532, 489; JoA., IV, 923-924 (où on trouTe réqnivalent latin armigeri),
3. Sur la différence des deux catégories, Benjamin, /. c, p. 31-36,