‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 136 sur 539 · Id.y p · texte numérisé non relu

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LES PWNCIPES DU SYSTÈME DÊFENSIF DANS L'AFRIQUE BYZAiNTINE 139

apporta à exécuter les instructions de Justinien. Ici comme sur l'Euphrate, comme aux monts d'Arménie, comme aux rives du Danube, quelques années ont suffi à réaliser une œuvre prodigieuse, à reconstituer en le fortifiant l'admirable système défensif jadis créé par Rome, à couvrir la province entière d'un réseau de places fortes, dont les savantes dispositions et la construction rapide font également honneur aux talents stratégiques et à l'énergique volonté des généraux byzantins. Sans doute, et nous n'essaierons point de le dissimuler, le gouvernement grec a donné en Afrique bien despreuves de faiblesse et d'incapacité : par un côté pourtant, il ne s'est pas montré trop indigne de cette grande administralion romaine dont il revendiquait l'héritage : on s'en rendra compte aisément en étudiant les principes généraux dont il s'inspira pour assurer la sécurité des provinces africaines, en montrant surtout avec quel zèle, quelle entente des nécessités particulières, quelle incroyable variété des dispositions il a édifié cette multitude de ch&teaux forts, dont le seul aspect suffirait à rendre équitable pour ces Byzantins si injustement décriés.

Les principes généraux du système défensif byzantin.

Pour protéger efficacement leur province d'Afrique, les Romains s'étaient en général contentés « de prendre en main la défense immédiate des confins, de mettre des garnisons aux endroits les plus menacés, le long des routes les plus suivies des indigènes et aux passages où ils avaient coutume de franchir la frontière, de relier ces postes par des voies grandes et solides, pour faciliter le mouvement des troupes et le transport des vivres de l'un à l'autre, en même temps, d'établir en arrière des camps permanents servant de soutiens et de points de ralliement à tous ces postes disséminés, centres de comman-

dément et de ravitaillement*. » Quelques grandes places fortes, comme Théveste et plus tard Lambëse, une série de redoutes et de citadelles échelonnées uniquement le long du limeSy suffisaient à donner une parfaite sécurité à Timmense territoire occupé par Rome. C'est que d'une part, une armée nombreuse et solide, qu'une puissante organisation militaire avait faite tout à la fois très forte et très mobile, occupait les postes disposés sur la frontière ; c'est que, d'autre part, l'intérieur du pays était assez sérieusement pacifié pour que les troupes chargées de la défense du territoire n'eussent à penser qu'aux attaques venues du dehors : c'est qu'en un mot les Romains, « loin d'avoir à se préoccuper de ce qui se passait dans la province qu'ils couvraient, trouvaient, sur le territoire occupé, avec une population généralement paisible, des secours contre les pillards du sud '. »

Ces conditions avaient fort changé à l'époque byzantine. On a déjà vu, par les détails empruntés à Procope, ce que valaient les armées grecques du vi® siècle ; peu nombreuses, surtout peu solides, elles étaient assez peu propres à tenir longtemps et heureusement la campagne; et les traités de tactique du temps recommandent unanimement d'aventurer le plus rarement possible ces troupes dans de grandes batailles, de les abriter le plus souvent qu'il se pourra derrière des retranchements ou des remparts*. D'autre part, le lent relâchement du système défensif romain^ la faiblesse trop visible des forces byzantines avaient rendu aux adversaires de l'empire une audace depuis longtemps oubliée ; et des tribus indigènes, devenues à peu près indépendantes au temps du royaume vandale, avaient pris l'habitude d'oser, sans cesse ni trêve, des courses rarement réprimées. Enfin, dans le pays jadis pacifié, s'étaient réveillés des éléments de troubles : jusque dans l'intérieur de la province s'agitaient des populations berbères mal

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