Bell. Vand., p
se contait, sous le manteau, des prophéties et des visions mystérieuses, annonçant que les temps étaient proches oti les grands saints de TÉglise africaine viendraient eux-mêmes punir les insultes faites à leurs sanctuaires; et tous^ dit Procope, attendaient impatiemment Taccomplissemenl de la vengeance promise*.
A côté des provinciaux, nettement ou sourdement hostiles, l'atlitude des tribus berbères n^était pas moins inquiétante pour la domination vandale. Tenues d*abord en respect par la forte main de Genséric, et associées par lui à ses expéditions militaires*, elles n'avaient pas tardé à s'affranchir de Tau tori té de ses successeurs. Dès le règne de Hunéric, les montagnards de TAurès se proclamaient indépendants, sans que les Vandales pussent réussir à les faire rentrer dans le devoir' ; peu après les indigènes du Hodna et des Ziban, les grands chefs des Maurélanies suivaient cet exemple, rattachés tout au plus au royaume vandale par un lien de vassalité*. Bientôt, enhardis par rimpunité de leur révolte, on vit les tribus maures descendre dans la plaine, et franchissant la ligne abandonnée des forteresses romaines^ jadis chargées de les contenir, ravager cruellement les hauts plateaux de la Numidie, sans que Hunéric put rien faire pour empêcher leurs désastreuses razzias^. Sous le règne de Transamond (496-522), les tribus de la Tripolitaine', sous le règne de Hildéric, celles de la Byzacène^, révoltées à leur tour, mirent deux fois en pleine déroute les troupes royales qui leur furent opposées. Contre l'invasion byzantine, Gélimer ne pouvait donc guère compter sur leur concours; dans une neutralité peu sûre, les Maures