Id., p
surveilleraient les événements, prêts à se ranger sans scrupule du côté du vainqueur.
Cependant, et malgré les défaites répétées que lui avaient infligées les in(figënes, la puissance vandale, quoique affaiblie par ces échecs, passait pour singulièrement redoutable. Mais en fait, ni l'armée, ni la flotte de Gélimer n'étaient capables de justifier les inquiétudes qu'elles inspiraient aux Byzantins. Les troupes de terre se composaient exclusivement de cavalerie * ; et cette cavalerie était bien peu faite pour soutenir le choc des lourds escadrons de Bélisaire. Sans doute, par son extrême mobilité, par la fougue impétueuse de ses attaques, elle aurait pu, comme les légers cavaliers arabes, mettre parfois en péril les bataillons byzantins : l'insuffisance de son armement lui ôtait en grande partie cet avantage. Les Vandales en effet ne portaient ni Tare ni le javelot, ou du moins ils se servaient de ces armes de jet d'une façon plus que médiocre; incapables en conséquence de harceler Tennemi à distance, habitués à combattre seulement avec la lance et avec Tépée, ils étaient obligés de rechercher le combat corps à corps, et dans cette mêlée, leur infériorité apparaissait trop certaine^ En face d'eux, ils trouvaient une cavalerie pesamment armée, couverte de cuirasses et de boucliers d'acier, sur lesquels s'émoussait le tranchant des épées vandales; malgré tout leur courage, ils ne pouvaient, mal armés qu*ils étaient pour la défense, soutenir longtemps le choc massif des cataphraclaires byzantins; ainsi, brisés dans leur élan, s*ils prenaient l'offensive, par les flèches dont les harcelaient les archers montés de Bélisaire, incapables d'enfoncer par la fougue de leurs charges les solides escadrons de Justinien, ils se trouvaient trop souvent réduits à une attitude défensive qui leur enlevait le meilleur de leurs avantages. Pour compenser ces faiblesses et tirer quelque parti de ces brillants cavaliers, il eût fallu du moins une stricte et rigoureuse discipline : elle