Id., p. 348-349. Cf. Pflugk-Hartlung, p
manquait absolument dans Tarmée vandale. Il suffit^ pour s'en convaincre, de voir comment s'engagea la bataille de Decimum. Le capitaine chargé d'attaquer Tavant-garde byzantine ne prend nul souci des ordres reçus, qui lui prescrivent de concerter ses mouvemeuts avec ceux des troupes royales, il ne s'inquiète pas davantage de tenir en main les cavaliers dont il dispose; et en vrai barbare, friand des grands coups d'épée, il se jette avec quelques hommes sur les soldats de Bélisaire, pendant que le reste de son monde s'égrène sur la route de Carthage, chevauchant, comme en promenade, par petits groupes de vingt ou trente individus*. Un peu plus tard, en face même du gros des forces byzantines^ les troupes de Gélimer abandonnent leur ordre de bataille*, et il en va ainsi durant toute la campagne^ sans qu'on puisse jamais, même à la journée suprême de Tricamarum, obtenir de ses chefs ou des soldats autre chose qu'une valeur brillante et désordonnée.
Quant à la marine vandale^ qui jadis avait rempli do terreur la Méditerranée, dont l'attaque éventuelle préoccupait si fort Bélisaire et remplissait d'une inquiétude folle les soldats byzantins, elle ne parait avoir joué aucun rôle dans la lutte. Elle n'apparut ni pour couvrir les côtes d'Afrique et empêcher le débarquement, ni pour défendre les approches de Carlhage. Sans doute, il faut remarquer que cent vingt vaisseaux venaient d'être détachés pour l'expédition deSardaigne', mais si c'était là toute la flotte vandale, elle aussi était bien déchue depuis le temps de Genséric. Et en fait, on ne voit point que Gélimer disposât d'autres navires*; et d'ailleurs, même après le retour de l'escadre de Sardaigne, il ne semble en avoir tiré nul parti. Certes, le souvenir des victoires navales de Genséric hantait bien mal à propos l'esprit des conseillers de Justinien; pour rendre possible le retour de tels désastres, il eût fallu au royaume vandale d'Afrique d'autres ressources que les sien-