Cod. Juêi., I, 27, 2, 4 b
de reconstituer les antiques /tmtV^'5 romains^; il avait ordonné à ses généraux de réoccuper et de remettre en état tous les ouvrages de défense, villes fortes, camps retranchés, châteaux et clisures échelonnés jadis le long du /tm^s africain*. Mais ce réseau trop lâche laissait encore trop de portes ouvertes à Taudacieuse attaque des indigènes : bientôt on s'aperçut que, pour assurer la pleine tranquillité du pays pacifié, pour organiser réellement, derrière l'abri de la frontière, ces « felicia régna » dont parle Corippus', il fallait faire quelque chose de plus. On multiplia donc, comme sur les autres confins de Tempire, les lignes de forteresses ; on organisa des places de refuge prèles, en cas d'invasion, à recueillir les populations ; on surveilla les routes, on ferma les passages ; comme le dit avec son amplification poétique Tauteur de la Johannide, on couvrit de retranchements les montagnes, les bois, les fleuves, les clairières, on barra en les occupant les gorges et les défilés*. De cette sorte on espérait que les Berbères, rejetés au désert, incapables de chercher comme jadis leur subsistance dans les plaines fertiles de l'Afrique, seraient bientôt réduits à la famine et obligés de faire leur soumission ou de chercher une nouvelle patrie*. Surtout on comptait que Tarmée byzantine, peu nombreuse et peu solide, rendrait de meilleurs et plus utiles services, ainsi répartie en petites garnisons dans une multitude de forteresses, qu'aventurée tout entière sur un même point en une bataille rangée. On se décida donc à couvrir toute la province d*un réseau serré de citadelles : et en quelques années, avec une rapidité prodigieuse, on mena à bien cette œuvre gigantesque, à laquelle demeure attaché pour toujours le nom du patrice Solomon.
Dès son premier gouvernement, Solomon avait entrepris cette tâche colossale de faire à l'Afrique byzantine une cein-
i. Cod. JusL, 1, 27, 2, 5, 8. 10, 17.