Bell. Vand.y p
4. Id.y p. 408 iTtoLTii Tû axSltù, Cf. Pflugk-Harttung, /. c, p. 82-83.
nés, et surtout d'autres hommes que ceux qui guidaient ses destinées.
Il est incontestable en effet que le caractère de Gélimer, son étrange imprévoyance, sa rare indécision, contribuèrent singulièrement à l'heureux succès de Texpédition byzantine. Le roi barbare se laissa pleinement surprendre par le débarquement de Bélisaîre, et cela lorsqu*il avait — on l'a démontré péremploirement ' — toutes raisons d'attendre la prochaine ouverture des hostilités. Malgré cela, il ne prit nulle mesure, Di pour couvrira l'aide de la flotte les approches de l'Afrique, ni pour mettre Garthage, sa capitale, en état de défense, ni pour protéger à l'aide de Tarmée de terre la côte contre un débarquement : il comptait que bien des mois passeraient encore avant l'arrivée de l'expédition byzantine'; et en attendant, sa belle insouciance laissait aller les choses au hasard. A la veille même d'une lutte redoutable, il envoyait en Sardaigne 5,000 hommes, l'élite de ses soldats, et cent vingt vaisseau3£, toute sa flotte; à l'autre bout du royaume, il laissait les impériaux prendre pied en Tripolitaine, et d'avance, jugeant la partie perdue, s'inquiétait peu de tenter la reprise de cette province lointaine'; et, tranquille sur l'avenir, il quittait Car- Ihag^e et la mer pour s'en aller passer la saison chaude dans la viilo d'Hermiane en Byzacène*, à quatre jours de la côte, loin de toute nouvelle. Le débarquement inattendu de Bélisairc réveilla brusquement Gélimer; on verra plus tard qu'il ne sut pas mieux réparer les événements qu'il n'avait su les prévenir.
En lin la diplomatie byzantine avait gagné à sa cause une alliance aussi précieuse qu'imprévue : c'était celle d'Amala-
\, PÛugk.HarttuDg, p. 80-82.
2. Procope, Bell. Vand.y p. 371. Il faut noter la valeur du terme : cv toutu
4. Procope, Bell. Vand., p. 311, 383, dit Mermiooe. C'est très probablement Hermiane, patrie de Facundus. Dans les listes épiscopales on trouve Vepi- Mcopus Uermianensis,
sonthe qui gouvernait au nom de son fils Athalaric le royaume ostrogoth d'Italie. La mort du roi vandale Transamond, suivie bientôt de l'emprisonnement de sa veuve Amalafride, fille du grand Théodoric, et du massacre des Gotbs qui raccompagnaient', avaient rompu les relations amicales jadis formées entre les deux grands royaumes germaniques d'Occident; depuis lors, la mort violente d'Amalafride, demeurée sans vengeance, avait exaspéré encore les ressentiments du gouvernement ostrogothique* ; il fut donc tout disposé à favoriser l'expédition byzantine dirigée contre les Vandales. Les ports de la Sicile accueillirent la flotte de Justinien ; l'armée put y faire des vivres et y acheter en abondance les chevaux nécessaires à la cavalerie ; le général y recueillit des informations précieuses sur Tétat du pays où il allait combattre, et ce n'est point tout à fait sans raison qu'Âmalasonthe, quelques années plus tard, s'attribuait quelque part dans le succès des Byzantins'. Si l'on tient compte enfin des diversions heureuses qui avaient permis l'occupation de la Tripolitaine et le soulèvement de la Sardaigne% on avouera que jamais les circonstances n'auraient pu se rencontrer plus favorables.
Cependant ce fut un jour solennel, lorsque le 22 juin de l'année 533 l'expédition mit à la voile pour quitter Constantinople. L'empereur lui-même, des fenêtres du palais, présidait à la cérémonie; le patriarche de Byzance, environné de son clergé, était descendu sur le port pour appeler la bénédiction céleste sur les combattants de la pieuse entreprise, et bénir le chef et les soldats qui partaient pour cette sorte de croisade ^
1. Bell. Vand., p. 349-350; Vict. Tonn., ann. 523 (p. 196-197).