cf., p
fti HISTOIRE DE LA DOMINATION BYZANTINE EN AFRIQUE
Anxieusement, la superstitieuse population de la capitale rointuontait les menus incidents qui accompagnaient le départ vl LHi tirait des présages sur le succès futur de la campagne. Il faut avouer que, malgré la pompe déployée, l'opinion publii|uo II était point exempte d'inquiétudes: beaucoup d'entre les assistants craignaient que, de cette flotte magnifique, personui^ ne revint jamais d'Afrique à Byzance*, et ceux qui partaient n'étaient guère moins terrifiés. Si quelques-uns d'entre eux, ot parmi les plus éclairés, se rassuraient à la pensée de qui'l^]ue songe favorablement interprété', la masse des soldats sépouvanlait de ce long voyage vers une terre lointaine, et beaucoup déclaraient tout net que, si la flotte vandale attaquait l'escadre byzantine, ils ne résisteraient point, incapables tic combattre à la fois Tennemi et la mer». Pourtant c'était uui' iML'lle armée que Justinien embarquait pour l'Afrique. Elle conjpîonait 10,000 hommes d'infanterie et S, 000 à 6,000 liuiinriGS de cavalerie pris en partie dans les rangs des légions, in f^l us grand nombre dans les contingents de fédérés \ La cavalt't ie en particulier, qui allait jouer un si grand rôle dans les coral*Lits futurs, avait été composée avec un soin extrême : on y truuvail 400 soldats hérules, dont le courage égalait la disciplitu' et la loyauté'; 600 archers à cheval de race ^hunnique, troupe légère destinée à éclairer Tarmée * ; on y remarquait sur-
U îielL Vand., p. 361-362.
1. liLt p. 363, où Procope raconte le rêve qui le détermina à suirre iJt^Sifaire,
a. ifL, p. 370, 375.
t. ^i., p. 338. Le chiffre de 5,000 cavaliers, indiqué à deux reprises par Proeo^ie ([I. 358 et 441) ne semble point pourtant comprendre certains auxiliaires biirb.irid, qui accompagnèrent l'expédition. Dans le dénombrement de l'ar- \i\vii A Afrique (p. 339-360) l'historien, en effet, après avoir énuméré les corps lie i;avalerie formés de <rrp arc cuTai et de lédérés, nomme à part, et sous d'autres chefï^, «00 Hérules et 600 archers buns, servant comme Çu(&(&axoc. 11 est donc pos.-^ibltî qu'on doive ajouter ce millier d'hommes aux 5,000 cavaliers mentionutis i^ liL p. 358 comme recrutés ex ts arpatTicoT cov xa\ çoiSspdTcov, et majorer un iH-a en conséquence l'effectif de la cavalerie byzantine.
îi, UL, p. 360,427-428.
tout un corps d'élite de l,S00à 2,000 cavaliers cuirassésS formant la garde de Bélisaire, et commandé par des officiers choisis appartenant à l'état-major du général». A la tête de ces vieilles troupes aguerries par les longues années de la guerre perse*, se trouvaient des chefs éprouvés, connus pour leur bra- * voure et leur grande expérience des choses militaires, et dont la plupart avaient déjà servi sous les ordres directs ou dans la maison même de Bélisaire*. Enfin le commandement supérieur était confié au meilleur général de Tempire, au vainqueur de Dara, à Bélisaire, qui portait le titre de magisler miliium per OrierUem'; pour adjoint — nous dirions pour chef d'état-major —il avait le domestique Solomon,dont le nom se rencontrera fréquemment dans l'histoire de l'Afrique byzantine, et autour de lui se pressait tout un état-major civil et militaire, où Ton doit une mention particulière au xipe^poç Procope% l'exact et fidèle historien de la campagne qui allait s'ouvrir. Cinq cents transports, manœuvres par 20,000 matelots, portaient l'armée, et une escadre, formée de quatre-vingt douze vaisseaux de guerre ou dromons montés par 2,000 rameurs, convoyait l'expédition \
De Byzance en Afrique, la navigation fut longue et pénible, marquée par d'interminables relâches et par de fréquents incidents, où se révélèrent tout d'abord quelques- uns des défauts d'administration ou de discipline dont les armées d'Afrique devaient tant de fois souffrir*. Non sans peine on gagna la Sicile : c'est ici que les dangers sérieux commençaient. Béli-
1. Sur l'armement de ces troupes d'élite, Strategika de Maurice. L 2 d 20 (éd. Scheffer, Upsal, 1664). » » i F-
2. Bell. Vand,, p. 360. On obtient ainsi le total probable de cette troupe : à la journée de Decimum, il y a 300 uuaaiïtaroci à l'avant-garde (iîe«. Fond., p. 381), 800 en arrière (£d., p. 389), d'autres avec Bélisaire (id., p. 388). Toute cette garde est comprise dans le total de 5,000 cavalieri (éd., p. 441).