‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 19 sur 539 · Id , p · texte numérisé non relu

Id , p

in HISTOIRE DE LA DOMINATION BYZANTINE EN AFRIQUE

saire, en véritable homme de guerre, ne doutait point que la flotte vandale ne croisât dans le détroit, et sachant combien peu il pouvait compter sur ses troupes dans une telle conjoncture, il appréhendait fort une bataille navale :.il ne s'inquiétait guère moins des difficultés du débarquement sur une côte inconnue, sous les yeux d'une armée ennemie, dont il ignorait la force et la tactique* : singulière ignorance, pour le dire en passant, chez un général qui comptait parmi ses officiers des hommes qui avaient vécu à Carthage et à la cour dvs l'ois vandales*. La chance, qui tient une si grande place dans celte campagne d'Afrique, vint fort heureusement tirer Bélisaire d'embarras; un hasard lui apprit que le passage était libre, que l'imprévoyance de Gélimer rendait le débarquement facile : sans tarder, la flotte mit à la voile, et, passant au large de Malle, elle vint, deux jours après, mouiller sur la eùte d'Afrique, en face du promontoire désert de Caput Vada(auj. Ras Kaboudia)'. Il y avait trois mois que Texpétion avait quitté Constantinople (mi-sept. 333)*.

Ci était assurément un succès d'avoir atteint sans coup férir les rivages du royaume vandale; mais sur cette plage isolée où le hasard, plus que le choix, avait conduit la flotte byzantine, on so trouvait singulièrement éloigné du but essentiel de l'expédilion, plus de 200 kilomètres — neuf jours de route — séparaient Caput Vada de Carthage*. Aussi la plupart des généraux proposaient de reprendre la mer, et au lieu de débarquer Tannée sur une côte inhospitalière, où aucune place forte ne fournissait un soutien aux premières opérations de guerre, où les vivres semblaient rares, oùTeau manquait absolument, ils conseillaient d'aller mouiller dans le lac de Tunis pour attaquer directement la capitale : les amiraux, peu soucieux

USelL ran(i.,p. 309-370.

Page 1