Id.y p
lieu d'employer sa brillante et mobile cavalerie à harceler l'armée byzantine, à entraver ses approvisionnements*, à la fatiguer par de constantes alertes, sans même s'inquiéter de faire réparer les fortifications de sa capitale', il préparait le plan d'une grande bataille destinée à couvrir et à sauver Carihage', et sur cette carte il jouait la fortune du royaume vandale.
Dans ces conditions et contre un tel adversaire^ la guerre ne pouvait être fort longue : trois mois suffirent à décider les destinées de l'Afrique*. Il n'est point nécessaire de raconter ici les détails de cette rapide campagne, et de résumer à nouveau le récit, bien des fois commenté, de Procope; il suffira d'en noter les faits essentiels ou particulièrement significatifs. Bélisaire était encore à 45 kilomètres environ de Carlhage, lorsque les éclaireurs vandales prirent le contact avec l'arrière-garde byzantine'; pendant quatre jours les deux armées continuèrent lentement leur marche, s*avançant parallèlement l'une à l'autre vers la position choisie par Gélimer pour risquer le combat décisif. La bataille se livra à Decimum, la veille de la fête de saint Cyprien* (13 septembre 533) : en un jour elle mit à néant toutes les savantes combinaisons du roi vandale'. Au lieu de l'action commune et foudroyante qui devait broyer dans un étau les soldats de Bélisaire, le combat se fractionna en une série d'engagements isolés, oii apparurent à plein les faiblesses de Tarmée vandale et l'incapacité de son chef: tandis que l'un des lieutenants de Gélimer s'engageait trop tôt et sans forces suffisantes, le roi lui-même, réglant mal sa route, attaquait les Byzantins^ de front au lieu de tomber à
i. Cf. BtU. Vand.y p. 412, où l'on toit les Vandales craindre de rayager le pays.