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Tr. W., p. 391-392.
et s'assit sur le trône du roi vandale*, et le soir, il invita à sa table l'état-major de Tarmée victorieuse. Détail assez piquant, le dîner était celui-là même qu'on avait préparé le jour précédent pour fêter le retour triomphant de Gélimer; à la veille de la bataille suprême, au lieu de réparer les brèches des murailles de Carlhage, les Vandales, dans leur orgueilleuse imprévoyance, escomptaient le succès et ordonnaient un somptueux festin pour leur roi sûrement vainqueur*.
La chute de la capitale vandale était un événement de la plus haute importance. Elle donnait à Tarmée byzantine le point d'appui qui lui avait manqué jusqu'alors, une excellente base d'opérations pour les mouvements militaires ultérieurs, une solide place d armes en cas de revers momentanés. Aussi le premier soin de Bélisaire fut-il de remettre la forteresse en état de défense. Les brèches furent réparées, les murs consolidés, un large fossé bordé d'une palissade vint renforcer encore les moyens de résistance', et, assez vite, la ville reprît l'aspect d'une citadelle imposante. A d'autres égards encore, l'occupation de Carthage n'était point inutile : à l'entrée de la mauvaise saison*, elle fournissait à la flotte byzantine un port sûr et bien abrité; elle assurait les communications faciles de l'armée avec Constantinople ; mais surtout elle augmentait d'une manière incomparable le prestige de l'armée impériale.
Les populations romaines, on l'a vu, n'avaient pas attendu la victoire pour se déclarer; le succès remporté décida de l'attitude des Maures. A la nouvelle de la bataille de Decimum et de la chute de la capitale vandale, les grands chefs des tribus sortirent de leur neutralité. De la Byzacène, de la Numidie, de la lointaine Maurélanie même, ils envoyèrent des ambassades au général byzantin, chargées d'apporter leur hommage et de promettre leur alliance au représentant de