La Blanchëre, Voyage, p
venons d'énumérer, Massonas s'est trouvé en relations avec Byzance, et la diplomatie grecque parait avoir étendu le cercle de son influence jusque dans les régions lointaines où il commandait *.
Depuis la Tripolitaine jusqu'à la Tin gitane, toutes ces tribus, de même race et de même langue, avaient un caractère et des mœurs à peu près semblables. Assurément, suivant la nature du pays qu'elles habitaient, suivant le contact plus ou moins prolongé qu'elles avaient pris avec la civilisation romaine, des différences se remarquaient dans leur état social. Tandis que dansles régions montagneuses et dans les plaines fertiles, vivaient des populations sédentaires qui cultivaient la terre, sur la limite du désert, au contraire, ou dans les vastes steppes propres au pâturage^ la vie nomade persistait*. Dans les solitudes qui s'étendent au sud de la Tripolitaine, dans les grands espaces découverts du haut plateau numide, sans cesse les indigènes se déplacent, poussant devant eux leurs troupeaux de moutons, de chèvres et de bêtes à cornes, traînant à leur suite leurs femmes, leurs enfants, leurs richesses, menant au vi*" siècle encore l'existence décrite jadis par Salluste, a errant sans autre demeure que la place où la nuit les contraignait de s'arrêter' ». Pour porter leurs personnes et leurs modestes bagages, ils ont le cheval, le mulet, et en Tripolitaine le chameau. Celui-ci est employé tout à lafoisconmebétede charge, comme monture et comme animal de combat ^ et Corippus a dessiné en des vers expressifs le pittoresque tableau du pesant animal portant sur son dos la fortune du nomade, le berceau des enfants, les ustensiles domestiques^ et, juchée au sommet, la femme indigène avec ses nourrissons entre ses bras'. Dans
1. C. /. L., 9738. Sur ce texte, cf. La Blanchère, Voyage, p. 89-91.