oA., IV, 1074-1077, VI
les hautes vallées de TAurès au contraire, dans les plaines fertiles qui bordent au nord le massif et jusque dans la région aujourd'hui déserte qui avoisine la montagne par le sud, ailleurs encore, des populations mieux fixées font produire au sol africain des moissons abondantes^ et s*étahlissent à demeure autour de centres permanents d'habitation.. Mais malgré cette différence essentielle, par bien des côtés ces gens se ressemblent; tous mènent également cette vie rude et misérable que Procope a décrite dans un passage célèbre : « Les Maures, dit rhistorien^ habitent été comme hiver dans des huttes où Ton respire à peine. Ni la neige, ni les chaleurs, ni aucune autre nécessiténeleur font abandonner ces misérables retraites. Ils couchent par terre ; seuls les plus riches d'entre eux s'étendent parfois sur une peau de bête. Ils ne changent pas de vêtement selon les saisons; en tout temps ils ne sont vêtus que d*une tunique grossière et d'un manteau de rude étoffe. Ils n'ont ni pain, ni vin, ni aucune des choses qui rendent la vie agréable. Le blé, Tépeautre, l'orge leur servent de nourriture; mais ils ne savent ni moudre les grains, ni les faire cuire : ils les mangent tout crus à la façon des animaux » *. S'il y a quelque exagération dans ce dernier trait, que Procope lui-même s'est chargé de réfuter', pourtant le reste du tableau est si vrai qu'aujourd'hui encore tous les détails s'en retrouvent, « depuis la masure enfumée qui ne défend le Kabyle ni du chaud, ni du froid et que rien ne peut lui faire abandonner, jusqu'au burnous et à la gandoura déchiquetés et rapiécés qu'on se lègue de génération en génération » \
Dans leurs gourbis [mapalia) couverts de feuillages, abrités à l'ombre des roches ou au creux des vallées % l'existence est pour les indigènes étrangement dure et difficile. Mais entre les divers membres de la famille, les occupations se répartis-