‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 273 sur 539 · JoA., II · texte numérisé non relu

JoA., II

sent avec ime singulière inégalité. Tandis qne rhomme s'adonne aux exercices violents et s'habitue dès Tenfance au métier des armes, tandis que, cavalier infatigable, il est toujours prêt à partir en razzia ou en guerre, la femme vaque aux rudes travaux domestiques : c'est elle qui écrase le blé sous la lourde meule de pierre et qui fait cuire sous la cendre la galette dont vivra la famille; c'est elle qui élève la hutte, soigne les chevaux et les bêtes de somme, elle qui fourbit les armes, afin d'épargner à l'homme toute autre fatigue que celle des combats*. En fait, dans la société berbère du vi*» siècle, la femme^ sauf quelques exceptions, n'est guère autre chose qu'une servante, et la polygamie contribue à entretenir cet état d'infériorité. Sur ce point, en effet, ni la civilisation romaine, ni le christianisme ne semblent avoir rien changé aux vieilles habitudes des Berbères '. C'est ce qu'atteste entre plusieurs textes un curieux passage deProcope. En 534, Solo* mon reprochait aux indigènes d'exposer par leur soulèvement la vie de leurs enfants que le gouvernement impérial retenait comme otages : « Vous autres, lui répondirent les Maures, pouvez avoir souci de la vie de vos enfants, puisqu'il ne vous est permis d'épouser qu'une seule femme; pour nous, qui en prenons jusqu'à cinquante, si l'occasion s'en trouve, les enfants ne nous manqueront jamais* » ; et, en effet, les chefs indigènes, grands ou petits, les Medisinissa comme les labdas, entretiennent tous un véritable sérail* : sur ce point, pas plus que pour les habitudes de la vie nomade, l'invasion musulmane n'a rien innové en Afrique.

Par la physionomie extérieure comme par la nature morale, tous ces indigènes se ressemblent étrangement. Les pieds nus, les bras nus, ils se drapent dans un grand burnous de toile, qui parfois est teint d'une éclatante couleur rouge^ et

1. Bell. Vand., p. 438 ; Joh,, IV, 1076-1077; Bell. Vand., p. 453.

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