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Et sola hos faciet victrix fortum fidèles Conceptusque timor^.
Toujours prêts à la trahison, sans scrupule ils changent de parti et font défection jusque sur le champ de bataille. « Les Maures, dit encore Procope, n'offrent, absolument aucune sûreté» (àôéSatst ^ravxdhtadtv ovts^)' : incapables de demeurer fidèles à personne, ils se défient de tout le monde, même des gens de leur propre race; et en fait, les rivalités de famille à famille, les haines de chef à chef, les guerres privées de tribu à tribu se rënoontrent à chaque page de l'histoire do vi" siècle. Par là encore, à Tépoque byzantine, les indigènes d'Afrique ont gardé tous les caractères qui distinguaient leurs ancêtres, tous ceux que l'on retrouve chez les Berbères d'aujourd'hui*.
La physionomie des grands chefs est plus instructive, plus significative encore. Parmi les princes indigènes que nous voyons en relations avec le gouvernement impérial, plusieurs nous sont assez bien connus, pour qu'on puisse, durant trente ou quarante ans de suite, saisir les traits de leur caractère et les vicissitudes de leur destinée. Voici Antalas, 1-un des principaux rois de la Byzacènc ; rien ne montre mieux que son histoire ce qu'est alors une vie africaine. Au moment où il naquit, vers Tannée 500 sans doute, son père, Guenfan, était le chef de la tribu des Frexes*, faible encore et peu puissante*, et probablement soumise à Tautorilé des rois vandales. Dès ses premières années, les prophétesses maures prédisaient à l'enfant ses grandes destinées futures; le jeune homme allait bientôt se charger de réaliser ces oracles. A dix-sept ans, il débute par ces vols de bestiaux qui ont été