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. faire cause commune avec les insurgés; la défense de Tindépendance nationale est pour lui un mot vide de sens, et dans la guerre qui éclate il trouve double avantage : celui d*ètre vengé de voisins quMl déteste, sans doute parce qu'ils ont
. refusé d'accepter sa suzeraineté^ celui de s'agrandir à leurs dépens par la grâce du gouvernement impérial. En effets après la victoire, il est investi en Byzacène d'une autorité suprême sur toutes les tribus maures^, et pendant dix ans il est l'ami des ducs, des magistrimilitum byzantins; il s'empresse à toute réquisition de mettre ses contingents sous leurs ordres ; il combat avec eux et s'enorgueillit de leurs victoires*. Mais cette fidélité intéressée ne saurait avoir des racines bien profondes : il prétend qu'on le paie grassement, qu'on le comble d'égards et d'honneurs; le jour où un gouverneur osera le traiter en sujet et lui infliger une punition^ aussitôt sous le prince romanisé reparaît le chef indigène, et contre ses compagnons d'armes de la veille, il fomente une formidable insurrection. Violent, cruel, avide de sang et de pillage, d'ailleurs d'une bravoure réelle, bien qu'un peu théâtrale, il conduit une guerre implacable contre celui qui Ta offensé. Mais au moment où il paraît le plus acharné à la lutte, toujours le souple et rusé Berbère garde les caractères distinctifs de sa race. Il a beau, dans son vaniteux orgueil, affecter de traiter l'empereur en égal, au fond il est prêt à se soumettre, pourvu qu'on accorde à son ambition et à ses haines les satisfactions auxquelles il croit avoir droit' ; il négocie avec tous les partis, prêt sans scrupule à se vendre au plus offrant, et tour à tour il passe, selon qu'il espère y trouver avantage, du parti de la révolte à celui de l'empire, pour retourner ensuite au camp des insurgés^. Ce sont les causes accessoires qui déterminent son esprit changeant et mobile; il suffit le plus souvent que Coulsina, son vieil ennemi, soit d'un côté, pour que tout