‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 278 sur 539 · id., p · texte numérisé non relu

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aussitôt il se jette de Tautre; il suffit que son ambition déçue s'irrite, qu'il se croie joué par quelqu'un, pour que sans tarder il change d'attitude et d*alliance. Au vrai, il se préoccupe fort peu de chasser les Byzantins de l'Afrique : qu'on lui assure la possession de la Byzacène, un fort subside, Tappui d'un détachement régulier qui fera de lui le plus puissant des rois berbères, il n'en demande pas davantage ^ Il se conten* tera à moins encore; une défaite sérieuse brise son énergie, et il sera trop heureux, pour finir, de redevenir le vassal fidèle et dévoué de Justinien^

Voici Coutsina maintenant. Gelui-Ià n*est qu'un demi-Berbère, fils d'un chef indigène et d'une femme romaine', et quoique soulevé un moment contre Tautorité byzantine^, il a pour souci principal, après la sévère leçon qu'il a reçue, de faire au plus tôt sa paix avec l'empire. Bien qu'on Tait chassé de ses possessions de Byzacène et contraint à chercher en Numidie de nouveaux territoires, il est bien vite devenu l'ami fidèle de ce Solomon qui Ta vaincu*. C'est que d'une part * Coutsina déteste Antalas autant qu'Antalas hait Coutsina, et le soulèvement de Tun entraîne nécessairement le dévouement de l'autre. C'est que d'autre part le prestige de l'empire agit puissamment sur ce grand chef. Il est fier d'être un demi- Romain, « aux mœurs civilisées, à la gravité toute latine »*. II rappelle volontiers sa naissance qui le fait « presque Romain par le sang et tout à fait par le cœur^ ». Plus que des 30,000 cavaliers indigènes qu'il conduit au combat, il s'enorgueillit du titre demaçister militum que lui a décerné l'empereur*; il éprouve une joie d'enfant à commander un détache-

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