‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 280 sur 539 · Id.y p · texte numérisé non relu

Id.y p

LE GOUVERNEMEiNT BYZANTIN ET LES POPULATIONS INDIGÈNES 317

chasser de ses états ^ Mais au foad ce vaillant, cet habile manque du saag-froid nécessaire aux vrais politiques; il se décourage et perd la tète quand il faudrait persister ; il laisse passer le moment quand il faudrait agir. EnS37, alors qu'il dépend de lui d'écraser Tarmée byzantine, il reste neutre, puis il négocie avec le patrice Germanos * ; en 546, il paraît en vainqueur devant Carthage, et puis tout à coup il abandonne ses alliés et se contente d'observer les événements; il finira même, bon gré mal gré, par envoyer ses contingents grossir les forces impériales et il contribuera ainsi à Técrasement final de la grande révolte de 548 '. C'est que lui aussi, malgré ses apparences plus farouches et plus rudes, n'est qu'un Berbère impressionnable et mobile, incapable d*un dessein longuement suivi, d'une idée qui dépasse le cercle de ses intérêts particuliers. C'est que ses antipathies et ses haines guident trop souvent ses résolutions ; et ainsi il finira lui aussi, quoique plus tardivement, par céder comme les autres, et comme eux il acceptera la suzeraineté de l'empereur.

C'est qu'au vrai ni les tribus ni les chefs qui les commanden t n'éprouvent aucune répugnance à recevoir les ordres de Justinien. Comme tous les barbares, ils ont gardé un respect profond pour le souvenir et le nom de Rome ; et leur premier soin après les succès de Bélisaire, fut de solliciter du général impérial la confirmation de leurs souverainetés : « C'est, dit Procope, un usage chez les Maures qu'aucun de leurs chefs ne se considère comme tel tant que l'empereur des Romains ne lui a point donné les insignes du pouvoir ; or, comme ces princes avaient reçu leur investiture des Vandales, ils ne considéraient point leur autorité comme sûrement établie^ ». J'ai signalé déjà la lettre si caractéristique adressée à Justinien par Antalas révolté : elle met pleinement en lumière les senti-

i. Beti. Vand,, p. 500.

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