‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 283 sur 539 · Joh., Vï · texte numérisé non relu

Joh., Vï

les députés; ceux-ci de leur côté s'engagent à servir Tempire romain. Les préliminaires de la convention sont arrêtés, et Justinien peut s'enorgueillir de compter en Afrique quelques vassaux de plus.

Ce n'est pas tout : un traité formel est signé par écrit; les chefs de la tribu prêtent hommage et font serment d'être pour le basileus de fidèles et dévoués serviteurs^; comme garants de leur foi, ils remettent entre les mains du gouverneur leurs parents les plus proches, leurs enfants, leurs frères*; enfin, comme signe de la suzeraineté byzantine, ils reçoivent une véritable investiture de leur commandement. Procope nous a conservé, dans un curieux passage, la liste des insignes de souveraineté qui leur sont remis au nom du prince' : c'est un b&ton d'argent incrusté d'or, un diadème d'argent, un manteau blanc, — nous dirions un burnous de commandement, — qui s'attache sur Tépaule par une fibule d'or, une tunique blanche ornée de broderies, enfin des chaussures relevées d'ornements d'or. Des cadeaux somptueux accompagnent l'envoi de ces insignes; et à ce prix les chefs indigènes se déclarent les vassaux, les « esclaves de la majesté impériale ». Pour récompenser leurs services ultérieurs, le gouvernement lient en réserve des faveurs de toute sorte : à ceux qui se montreront loyaux et fidèles, une place sera faite dans la hiérarchie des dignitaires byzantins ; ils recevront le titre de magister militum ou de patrice ^ ; ils auront l'honneur de commander quelques détachements de troupes régulières ; ils auront même parfois, attachée à leur personne, une façon de garde formée de soldats grecs *, utile précaution qui, sous une flatteuse apparence, dissimule un moyen efficace de surveiller leur attitude et d'assurer leur fidélité.

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