‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 301 sur 539 · Jd., p · texte numérisé non relu

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la gagner par une ferme bienveillance, Justinien semble, comme à plaisir, avoir, après la mort de Solomon, confié le gouvernement militaire d'Afrique aux plus médiocres de ses lieutenants. Quand on voit l'attitude des troupes, officiers ou soldats, à l'égard d'un Sergius ou d'un Aréobinde*, on comprend que les plus solides forteresses n'aient pas pu suffire à défendre un pays laissé à l'abandon et trahi par ceux-là mêmes qui avaient charge de le protéger.

Du moins, à défaut d'une armée disciplinée et solide, une diplomatie quelque peu habile à l'égard des indigènes aurait suffi peut-être à assurer la sécurité de la province. Rien n'était plus aisé, on Ji'a vu, que de diviser les tribuis berbères; aucun sentiment national n'existait chez elles, capable de réunir longtemps leurs forces pour un commun et redoutable effort; aucune enlenle ne rapprochait leurs chefs, dont chacun poursuivait une politique personnelle, pour le bien de ses intérêts particuliers. Tous les rois indigènes ne demandaient qu*à entrer dans la clientèle romaine, qu'à devenir les vassaux de l'empereur, qu'à ranger sous les drapeaux de Byzance leurs contingents de cavaliers. Pourvu qu'on mit le prix à leurs services, qu'on leur laissât les apparences d'une demi-indépendance, qu^on assurât à leurs tribus des territoires de parcours suffisants pour vivre et qu'on leur garantit à eux-mêmes de sérieux avantages en honneurs, en argent, en considération, ils étaient prêts à promettre et même à garder une absolue fidélité^ aussi longtemps du moins que les armées impériales pourraient, au besoin par la force, imposer le respect des traités. Les Byzantins l'avaient compris tout d'abord. Bélisaire, puis Solomon avaient, on l'a vu, pratiqué non sans succès cette politique. Malheureusement la diplomatie grecque ne sut point s'y tenir avec une assez habile modération; par leurs imprudences, leurs caprices, leurs maladroites rigueurs, leur façon de traiter en sujets et en vaincus les populations berbères, les gouverneurs d'Afrique finirent

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