Hieroclès, Synecdemos, édit. Burckhardt, p
comme duc en Tripolitaine. Cétait là, au moins pour le second de ces personnages, un choix assez malencontreux. Orgueilleux, débauché, avide, dissimulé, par surcroît peu courageux, ce jeune homme réunissait en lui quelques-uns des pires défauts des administrateurs byzantins*. Infatué de sa richesse, de sa situation, de sa puissance, ne se croyant tenu à ménager personne, il prodiguait à ses officicrset à ses subordonnés les affronts et les insolences; par ses raffinements d'élégance, par le luxe de sa table, par ses mœurs lâchées et molles, il choquait et inquiétait tout ensemble; par sa vie privée, son amour effréné des plaisirs, il scandalisait son entourage et portait ombrage aux populations ; enfin son goût de Targcnt promettait une administration détestable, et sa lâcheté doublée de perfidie achevait d'indisposer les esprits contre lui. Mais il était neveu du pacificateur de l'Afrique, il avait épousé une nièce d'Antonine, la femme de Bélisairc et la favorite de* Théodora, il se savait bien en cour ; et confiant dans sa fortune, il semble s'être mis tout aussitôt à traiter en pays conquis la province qui lui fut confiée.
Sur les frontières occidentales de la Tripolitaine était établie la grande tribu des Levathes. Elle croyait avoir à ce moment fort à se plaindre des Byzantins. Pour des raisons qu'on ignore, les troupes grecques en effet avaient ravagé son territoire, brûlé ses moissons, et à la suite de ces actes d'hostilité, la paix menaçait d'être troublée*. Aussi dès l'arrivée du nouveau gouverneur, les chefs berbères se présentèrent à Leptis Magna, autant pour exposer au duc leurs doléances, que pour renouveler entre ses mains, selon l'usage, leur hommage el recevoir de lui l'investiture de leur commandement^. Sergius consentit à entrer en pourparlers avec eux : et confiants dans le serment solennel qu*il prêta sur l'Évangile de n'attenter ni à leur vie ni à leur liberté, quatre-vingts dé-
1. BelL Vand., p. 506-507; Hist, arcana, p. 41-42; Joh., II, 36-39.