‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 304 sur 539 · BelL Vand., p · texte numérisé non relu

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pulés, choisis parmi les principaux de la tribu, se rendirent à rinvitation du gouverneur. Malheureusement Tinsolence de Sergius provoqua un grave incident : comme il se levait pour rompre Tentretien, sans vouloir accorder aucune des réparations demandées, un des Maures s'avançant le retint par un pan de son manteau, et les autres indigènes Tentouraient de sollicitations tumultueuses^ lorsqu'un des gardes du gouverneur, tirant Tépée, abattit un Berbère à ses pieds. Ce fut le signal d*un massacre général auquel un seul des chefs indigènes parvint à échapper*. On eut beau, pour couvrir ce guetapens d'une excuse plausible, répandre le bruit que les envoyés avaient formé le projet d'assassiner le duc : la perfidie, peut-être préméditée de Sergius, n'eut pas moins de très graves conséquences. Furieux d'une si lâche trahison, les Levathes se ruèrent sur Leplis Magna : en vain, dans un brillant combat livré en avant de la ville, les Byzantins mirent les indigènes en complète déroute ; à la nouvelle du massacre de Leplis, toutes les tribus delà Tripolitaine se soulevaient, et bientôt le péril fut assez pressant pour que, désespérant de résister avec ses seules forces, Sergius crut devoir appeler à son aide le gouverneur général de l'Afrique grecque *.

A ce moment, l'insurrection ne dépassait point encore les limites de laTripolitaine. Malheureusement, vers le même temps, h^oiomon venait de blesser cruellement le plus puissant des chefs de la Byzacène, Antalas^. A la suite de quelques mo vements qui avaient troublé la province, le patrice avait fait arrêter et mettre à mort Guarizila, le frère de ce roi; et sans égards pour la longue fidélité que, depuis dix années, ce dernier gardait à l'alliance byzantine, il lui avait supprimé la pension que lui servait le gouvernement impérial. Outré de ces procédés d'une brutalité assurément bien impolitique.

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