Bell. Vand., p
3 W., p. 503-504; /oA., il, 28; IV, 365-366.
Antalasne respirait que vengeance*; aussi, quand il apprit le soulèvement des Levathes, il n'hésita pas à prendre les armes : appelant à lui les tribus insurgées, il leur montra Tarmée grecque affaiblie, la province ouverte, le pillage facile, et joignant ses propres forces à celles des gens de la Tripolitaine, il se mit à ravager cruellement tout le sud de la Byzacène* (544).
Les circonstances devenaient graves : pour résister à cette formidable invasion, Solomon rassembla en hâte toutes les forces disponibles de la province. Outre Tarmée régulière, il croyait pouvoir compter sur une partie des indigènes. En Tripolilaine, deux grandes tribus avaient refusé de s'associer à la révolte et mettaient leurs contingents à la disposition du patrice^; dans le sud de la Numidie, Goutsina, qui avait oublié ses défaites de 535 pour devenir Tallié dévoué des Romains, était d'autant plus empressé à amener ses trente mille cavaliers, qu'il se sentait directement menacé par la haine d'Antalas, depuis longtemps soa irréconciliable ennemi\ Pour faire plus rapidement sa jonction avec les Berbères demeurés fidèles, peut-être aussi pour dégager Goutsina déjà attaqué% Solomon alla s'établir sur les frontières de la Numidie et de la Byzacène, dans la forte position de Théveste : il y trouva Tennemi en masse si considérable, que d'abord, se défiant de ses troupes, il songea à négocier; et, pour éviter la bataille, il fit offrir aux indigènes une amnistie pleine et entière pour leur soulèvement*. Ge fut en vain : il fallut en venir aux armes. Un premier engagement fut heureux; on reprit aux rebelles une partie de leur butin, et l'effet de ce premier succès fut assez considérable pour déterminer Anlalas abattre
1. Sur la rebka ou dette du sang, voir ïlanoteau et Letourneux, /. c, III, p. 60-70.