Bell. Vand,, p
fiance aux tronpes qu'il allait commander ; par son insupportable arrogance, il allait s'aliéner bien vile les officiers qui servaient sous ses ordres. Les populations civiles n'auguraient pas mieus d'un débauché également avide d'argent et de plai* sir : quant aux indigènes, ils avaient voué une irréconciliable haine à l'auteur du guet-apens de Leptis. et ils déclaraient hautement que jamais ils ne feraient la paix avec ce traître \ Aussi ^ à la nouvelle du choix impérial, l'insurrection prit de nouvelles forces : la plupart des tribus se jetèrent dans le soulèvement, et StotzaSy qui depuis sept ans suivait du fond de la Maurétanie les événements et attendait son heure, crut le moment venu de reparaître en Byzacène *. Avec les Vandales demeurés fidèles à sa fortune et un gros de soldats romains trop compromis jadis pour avoir pu se soumettre^, il vint rejoindre Antalas. et mettre à la disposition du chef berbère son indomptable énergie, ses connaissances tactiques et Tappui de ses réguliers. Pendant ce temps, Sergius se brouillait avec le meilleur des officiers de l'armée byzantine, Jean, fils de Sisinniolus, qui semble avoir rempli les fonctions de magisler peditum : outré de Taffront qui lui était fait, Jean refusa désormais d'accepter aucun commandement, et comme les troupes hostiles à Sergius s'empressèrent de prendre parti pour son adversaire, on eut le spectacle étonnant et jusque-là inconnu d'une armée assistant, volontairement impassible, à la complète dévastation du pays *.
On était au commencement de 545. Encouragés par cette impunité inattendue, les tribus de Tripolilanie, les Maures d'Antalas, les contingents de Stotzas poussèrent, incendiant et pillant toutsur leur route, j usqu'aux environs d'IIadrumète *. Ace moment, comprenant enfin la grandeur du péril, ému surtout par les lamentations des populations civiles qui lui dc-