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LA CRISE DES ANNÉES 545-546 :m
les débris des troupes défaites à Menephesc, et dont une portion put sans grande peine s'échapper du camp des tribus*, cependant si nombreuses étaient les défections, si faibles et si mal sûres les forces byzantines disponibles, qu'on n'osa se résoudre à tenir la campagne. D'ailleurs, de nouveau la discorde régnait dans le haut commandement. Jean, de nouveau mécontent de Sergius, refusait de combattre*, et c'est àTinitiative ingénieuse et hardie d'un particulier — et même d'un ecclésiastique — que fut du le seul succès de la campagne, la reprise d'Hadrumète^. L'épisode est trop caractéristique du désarroi qui régnait alors dans l'Afrique byzantine pour ne point mériter d'être rapidement raconté.
Un prêtre de la ville nommé Paul, voyant la faiblesse de la garnison laissée par les indigènes, s'entendit avec quelquesuns des principaux de la cité pour la remettre sous l'aulorité impériale. Une nuit donc, il se fit, à l'aide d'une corde, descendre du haut des murailles, et se jetant dans une barque de pêche qu'il trouva au rivage, il réussit à gagner Carlhage. Admis en présence de Sergius, il lui révéla ses projets, l'assurant que le moindre eiïort militaire suffirait à faire tomber la ville. Tous ses arguments ne purent avoir raison de la molle indifférence du patrice, qui prétendait avoir à sa disposition à peine assez de troupes pour garder Carthage. Finalement, il consenlitpourtantàcounerau prêtre un détachcmentde quatrevingts soldats. Paul suppléaparla ruse àTinsuffisance de ses forces : rassemblant tous les vaisseaux et toutes les barques qu'il put trouver, il fit revêtir aux matelots l'uniforme des troupes régulières et avec cette escadre improvisée il mit à la voile. Arrivé en vue d'Hadrumète, il fit dire sous main à ses amis qu*un grand événement venait de se produire à Carthage. Ger~ raanos,le neveu de l'empereur, le vainqueur de Cellas Vatari, venait d'y débarquer avec une puissante armée, et tout aus-