‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 311 sur 539 · Bell. Vand., p. 511-512; /o/i., IV · texte numérisé non relu

Bell. Vand., p. 511-512; /o/i., IV

sitôt il avait mis en route ua corps de troupes pour délivrer Hadrumëte. Tel était le prestige de Tancieu gouverneur général que son nom seul parut un gagede salut : la nuit suivante, une porte de la ville fut ouverte aux impériaux» la garnison surprise fut massacrée sans peine, la ville était rendue aux Byzantins. Le piquant de l'affaire, c'est que le faux bruit répandu par le prêtre Paul gagna de proche en proche : à cette nouvelle, Ântalas et Stotzas battirent précipitamment en retraite*, et à Carthage mème^ où pourtant on aurait dû savoir à quoi s'^n tenir, on crut un moment, à l'annonce du succès d'Hadrumëte, que Germanos était vraiment revenu. Mais ces joies furent de courte durée. Bien vite rassurés, les Berbères revinrent à la charge, « et se répandant partout, dit Procope, ils firent, sans même avoir d'égards pour l'âge, subir aux Africains les plus indignes traitements. Alors la plus grande partie des campagnes se trouva vide d'habitants ; les populations échappées au massacre se réfugièrent partie dans les villes, partie en Sicile et dans les îles; la plupart des personnages considérables allèrent chercher asile à Byzance ; et avec une hardiesse croissante, comme personne ne leur faisait résistance, les Maures ravageaient et pillaient tout »*.

Il n'y aurait en qu'un moyen de porter remède à ces misères, et Tépisode d'Hadrumète le fait aisément pressentir. Il eût fallu résolument rappeler Tincapable et détesté Sergius et mettre à sa place Jean, fils de Sisinniolus, le seul général de l'armée d^Afrique qui inspirât quelque confiance aux troupes et quelque crainte aux Berbères^. Justinien ne lit ni l'un ni l'autre. Tout en comprenant que Sergius était audessous de sa tâche, il ne put se résoudre à le destituer; il se contenta de lui donner un collègue, et par une inspiration des plus malencontreuses, il choisit pour cet emploi le sénateur Aréobinde,qui avait épousé Préjecta, nièce de l'empereur*.

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