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LA CUISE DES ANNÉES 5io-346 349
Le prince espérait-il que celle haute parenté donnerait à Aréobinde quelque autorilé sur Sergius et que le jeune patrice témoignerait une certaine déférence aux conseils de son important collègue ?En tout cas, Juslinien ne se préoccupa nullement de régler nettement les rapports des deux chefs. Tous deux furent égaux en pouvoir et parfaitement indépendants l'un de Tautre : entre eux, également on partagea les provinces et l'armée; la seule précaution que prit le prince fut d'assigner à Sergius le soin de conduire la guerre en Numidie ; les opérations militaires en Byzacène furent réservées à Aréobinde, nouveau venu dans le pays, et qui n'était point, comme Sergius, irrémédiablement compromis aux yeux des indigènes*. Il était convenu en outre qu'en cas de besoin, les deux généraux se prêteraient un appui réciproque; mais, malgré cette réserve, d'ailleurs fort peu suivie d'effet, c'était bien mal à propos énerver les ressources de la défense que d'ajouter à toutes les causes de faiblesse qui ruinaient l'Afrique un nouvel élément de discordes et de rivalités.
On s'en aperçut sans tarder. Sans doute^ à la nouvelle de l'arrivée d'Aréobinde et des renforts qui l'accompagnaient, les Levathes, pris de terreur, battirent d'abord en retraite*. Mais bientôt la mésintelligence avérée des deux chefs rendit courage aux rebelles; et, poussant jusque dans la Proconsulaire, les Berbères^ comme s'ils voulaient couper l'une de l'autre les deux armées byzantines, vinrent camper aux approches de Sicca Veneria^. L'occasion était favorable pour les prendre entre deux adversaires. Aussi Aréobinde mit-il aussitôt en route l'élite de ses troupes, sous les ordres de son meilleur général, Jean, fils de Sisinniolus; en même temps, il priait Sergius de combiner ses mouvements avec ceux du corps de Byzacène. Mais le patrice, trop heureux de prendre sa revanche sur un rival détesté, n'eut garde de bouger, et Jean, déjà trop engagé, sévit, malgré l'infériorité de ses troupes, obligé d'ac-