Bell. Vand., p. 515 ; Be/^ Go/A.,p
4. Sur la chronologie des années 545-546, cf. Partsch, /. c, p. nnr-xxv.
Malheureusement, le nouveau commandant en chef était, moins encore que Sergius, capable de suffire aux lourdes responsabilités qui lui incombaient. Ne devant sa haute dignité qu'à la proche parenté qui l'unissait àTempereur, il étaitpour tout le reste parfaitement médiocre*. Ce général d'armée n'avait jamais vu la guerre : quand il fallait revêtir le costume militaire, il s'embarrassait au milieu de ses armes; il pâlissait à la vue du sang^ et sa pusillanimité trop connue le déconsidérait auK yeux des soldats. Avec cela sans fermeté morale, sans décision^ sans expérience, il hésitait au lieu de prendre parti, discutait au lieu d'agir, négociait au lieu de sévir, et à la première difficulté, perdait courage; s' abandonnant lui-même, paralysé par la peur, il ne songeait qu'à chercher son salut dans la fuite ou à assurer par des larmes stériles sa sécurité et sa vie. Ce n'était guère l'homme qu'il fallait pour combattre une insurrection générale et maintenir quelque discipline dans une armée chaque jour plus démoralisée. Enfin le malheureux, incapable de rien résoudre par lui-même, devenait la proie facile de tous les intrigants qui s'agitaient autour de lui; et, dans son inexpérience des hommes, il demandait naïvement conseil et faisait ses confidences les plus secrètes à ceux-là mêmes qui n'épargnaient rien pour le compromettre et le renverser*.
D'ailleurs la situation s'aggravait de jour en jour. Antalas continuait à tenir la campagne; à la tête des bandes de Stotzas, un autre chef avait remplacé le rebelle tué à Thacia' ; pour surcroit de misère, l'insurrection gagnait la Numidie. Les grands chefs de cette région, demeurés jusque-là indifférents à la lutte ou même favorables à la cause byzantine, prenaient maintenant les armes\ Coutsina et labdas, le grand roi de