‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 316 sur 539 · Id., p · texte numérisé non relu

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la rendre menaçante, empêchant sous d*ingénieux prétextes tout engagement décisif qui aurait pu être désastreux pour les Maures*; il usait de son influence sur le patrice pour le compromettre ou Tépouvanter; et, quand le moment serait venu, quand le faible Aréobinde aurait vidé la place, lui-même comptait apparaître comme le sauveur de l'Afrique et mériter de la reconnaissance impériale le pouvoir qu'il convoitait*. D'ailleurs, persuadé que deux sûretés valent mieux qu'une, secrètement il concluait d'autre part un engagement particulier avec Antalas'; il promettait au chef berbère de lui abandonner la Byzacène, de lui donner la moitié du trésor d'Aréobindc^ de mettre à sa disposition i.SOO hommes de l'armée régulière, qui feraient de lui le plus puissant des rois indigènes; à lui-même il réservait Carthage, le reste de l'Afrique et le titre de roi. Se croyant ainsi assuré des deuxcôtés^ il laissa aller les événements.

A la nouvelle de l'insurrection générale, le malheureux gouverneur perdit la tête. Partout il ordonna à ses troupes de battre en retraite : la Numidie fut évacuée tout entière ; en Byzacène, on se replia en toute hâte vers la côte, se contentant de garder quelques places sur le littoral; abandonnant le pays, toutes les troupes disponibles se concentrèrent sous les murs de Carthage, où Aréobinde comptait tenter un suprême effort*. Toutefois il n'était pas si oublieux des vieilles traditions de la diplomatie byzantine qu'il ne cherchât par ses intrigues à semer la division parmi ses ennemis. Goutsina, le vieil allié de Solomon, détestait trop An talas pour n'être point disposé à le trahir, et en effet, il accueillit bien les ouvertures du patrice'. Malheureusement Aréobinde, entièrement tombé sous l'influence de Guntarith, s'empressa de le mettre au courant de la négociation : celui-ci se hâta d'avertir Antalas

i.Bell. Vand,, p. 517.

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