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et le projet ainsi éventé demeura sans résultat. Entre temps, les Berbères apparaissaient sous les murailles de Carthage*. Guntarith, rendu plus hardi par leur approche, résolut d'en finir. Il détermina Aréobinde à risquer une grande bataille, pensant que dans la mêlée il serait facile de faire disparaître le commandant en chef^ ; mais le hasard ayant relardé la sortie, le duc de Numidie se crut découvert et hardiment il leva le masque.
Le lendemain, il ordonna d'ouvrir la porte dont il avait la garde, comptant, par cette trahison déclarée, épouvanter assez le gouverneur pour le décider à prendre la fuite : et en effet, ajoute Procope, la manœuvre eût réussi, si une violente tempête n'avait empêché Aréobinde de s'embarquer*. En même temps, Guntarith soulevait les soldats, leur rappelant les retards de la solde, la lâcheté du patrice, tout prêt, disait-il, à les laisser sans ressources en présence de l'ennemi ; et comme une partie des troupes Tacclamait, résolument il se proclama leur chef. Cependant Aréobinde tenait conseil, hésitait, envoyait des émissaires pour bien s'assurer des intentions de Guntarith. Lorsque enfin il se décida à marcher contre le rebelle, il était déjà bien tard. Pourtant tout pouvait encore se réparer; une grande partie de i'armée demeurait fidèle * : la faiblesse d'Aréobinde acheva de tout perdre. Dès les premiers coups portés, il s'affola, prit la fuite, alla chercher asile dans le couvent fortifié qui dominait le Mandrakion. Alors Guntarith, facilement victorieux d'un adversaire qui s'abandonnait, prit possession du palais, fit occuper fortement les portes de la ville et le port. La révolution était consommée.
Il restait à se débarrasser d' Aréobinde. Par l'intermédiaire de Reparatus, l'évêque de Carthage, Guntarith lui fit promettre que, s'il voulait se rendre à discrétion, il aurait la yîe sauve; que^ si au contraire il tentait la moindre résistance,