UelL Vand., p
royales et la garnison vandale de Carthage\ Dans les deux batailles qu'il livra, les deux fois il se laissa à peu près surprendre'; au lieu de choisir son heure, il dut accepter un combat qu'il n'attendait pas, et chaque fois il avait réglé si singulièrement sa marche que jamais son infanterie ne put arriver à temps sur le champ de bataille, et que sa seule cavalerie dut supporter tout Teffort de la lutte'. De même, par les instructions qu'il donna à sa flotte, il risqua d'exposer ses navires à une totale destruction, et il est étrange, lorsque chaque matelot prévoyait les périls de la tempête d'équinoxe prochaine^ que seul le général ait ignoré ou oublié un aussi grave danger*. Mais telle fut dans cette guerre la bonne fortune de Bélisaire que ses pires imprudences demeurèrent sans conséquences, que tout le servit à souhait, jusqu'aux rébellions de ses soldats. C'est la révolte de ses matelots qui sauva sa flotte de la tempête ^ ; c'est la désobéissance d'un officier qui assura Toccupalion du port deCarthage', mais surtout il dut sa victoire à l'incapacité et à la molle indécision de Gélimer. Le roi vandale, que son peuple regardait comme le plus valeureux guerrier de son temps \ s'abandonna sans résistance aux coups de la fortune. A Decimum il laissa passer le moment décisif, où il pouvait écraser sans peine la cavalerie byzantine à demi rompue'; à Tricamarum, à l'instant où il crut voir la partie définitivement perdue, il s'enfuit sans laisser un ordre, sans tenter de rallier ses escadrons, sans essayer un retour offensif qui pouvaitlui rendre la victoire •.
Avec sa nombreuse et légère cavalerie, il aurait pu, comme le firent plus tard les tribus indigènes, organiser contre les