Bell, Goth., p
5. Id,, p. 406. Sur ces dignités, cf. MommseQ (Hermès, XXIV).
prendre sa femme, pendant que Préjecla épousait un grand personnage de la cour.
En Afrique cependant, la situation demeurait très grave. Sans doute pour écarter de nouvelles causes de troubles, Artabane avait fait déporter à Byzance les débris des anciennes bandes de Stotzas et leur chef, tombé aux mains des impériaux dans la catastrophe de Guntarith*; sans doute, il paraît même, par des négociations heureuses, avoir réussi à regagner quelques-uns des grands chefs indigènes. La province n'en demeurait pas moins dans un état lamentable. Durant ces deux années de guerres presque constantes, la contrée avait été épouvantablement ravagée*. Dans les campagnes désertes, les villages dévastés ou abandonnés, les églises ruinées, les fermes incendiées, les moissons brûlées et détruites attestaient éloquemment le passage des indigènes : et non seulement l'intérieur du pays, mais la région du littoral même avait cruellement souffert de l'invasion '. Une partie des habitants avaient péri sous Tépée des Berbères; d'autres plus nombreux encore, avaient été réduits en esclavage et traînés captifs à la suite des tribus insurgées*; le reste, pour échapper au massacre ou à la servitude, avait cherché un refuge derrière les murailles des forteresses, ou bien s'expatriant était allé demander en Sicile ou jusqu'à Byzance, une sécurité que la province semblait ne devoir jamais plus offrir ^ Suivant Ténergique expression de Corippus, « l'Afrique fumante s'abîmait dans les flammes ». Les villes elles-mêmes, menacées, bloquées par les indigènes', parfois surprises et pillées, voyaient diminuer leur population dans des proportions énormes, et l'Afrique, dépeuplée, appauvrie, épuisée', semblait impuissante à réparer ses désastres.