Bell. Vand.y p
L'armée affaiblie par de nombreuses défaites et bien plus encore par ses luttes intestines était réduite à des effectifs fort peu considérables; et elle paraissait à peu près incapable de faire le grand effort nécessaire pour sauver le pays et protéger les populations. Le départ d'Artabane la privait du seul général de valeur qu'elle conservât encore, après les luttes qui, en ces dernières années, lui avaient successivement enlevé ses meilleurs chefs. En face d'elle, les tribus soulevées continuaient à couvrir le pays. Antalas, un moment revenu aux Byzantins, se plaignait maintenant de n'avoir obtenu aucun des avantages promis et d'avoir été trompé par Artabane, comme il avait été déçu par GuntarithS et de nouveau il tenait la campagne, poussant Taudace jusqu'à assiéger les forteresses du littoral. Les tribus de la Tripolitaine n'avaient point désarmé. labdas refusait tout accommodement'. 11 était grand temps qu'un général énergique vint^ avec une armée nouvelle, rendre la paix au pays, et rétablir par des succès décisifs l'œuvre profondément compromise de Bélisaire et de Solomon.
On se demandera même, en considérant cette situation presque désespérée, en se rappelant les épisodes lamentables qui remplissent l'histoire de ces deux années, comment la crise que venait de traverser l'Afrique 'n*avait pas eu une issue plus fatale encore. Tout conspirait à la ruine de la domination byzantine, Timpéritie des gouverneurs, l'indiscipline des troupes, la grandeur de Tinsurrection. Il semblait que le moindre effort des indigènes eût dû suffire à renverser le fragile et chancelant édifice de l'autorité impériale ; les Berbères ne surent pas le faire, et peut-être même ne le voulurent-ils pas. D'une part, les populations romaines gardèrent à Byzance, malgré leurs misères, une rare et remarquable fidélité'. D'autre part, les tribusinsurgéesne poursuivirent jamais