‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 336 sur 539 · VI · texte numérisé non relu

VI

éclata*. Il fallut remonter vers le nord, regagner la côte : mais dans l'armée fatiguée, mécontente, de nouveau les vieux ferments d'indiscipline se réveillaient : les chefs n'étaient plus écoutés et les hommes, uniquement préoccupés de trouver de Teau et des vivres, quittaient le rang pour marauder, faisant de la colonne une cohue'. On s'arrêta pourtant en atteignant le territoire des Astrices : et là, à portée des villes byzantines de la côte, par lesquelles il espérait assurer le ravitaillement de ses troupes', Jean s'établit à quelque distance au sud de Gabès, à l'entrée de l'étroit passage, ouvert entre le plateau des Matmata et la mer : dans cette position, il fermait aux tribus la seule voie d'invasion qui leur fût ouverte vers l'Afrique*. Entre temps, l'armée indigène, pressée par la famine, remontait à son tour vers le nord, cherchant à dérober sa marche aux reconnaissances byzantines et s'efforçant de regagner ses campements de Tripoli taine*. Le magister militum, averti, jugea l'occasion favorable pour achever un ennemi qui semblait épuisé, et occupant en toute hâte les points d'eau, qui sont, dans cette région du sud, les points de passage nécessaires, il vint camper dans la plaine de Gallica ou de Marta* : c'est, comme on sait, la station actuelle de Maret, à 26 milles au sud-est de Gabès. C'est là que la bataille se donna\ Mais l'indiscipline d'une portion des troupes byzantines en compromit dès l'abord le succès : tandis que Jean voulait remettre au lendemain l'attaque décisive^ quelques soldats, malgré les ordres reçus, se mirent à escarmoucher avec les Berbères, et le combat s' étendant à mesure, successivement l'armée tout entière dut se mêler à la lutte*.

l./oA., VI, 309-325, 354360, 364-365.

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